L’organisme Sauvons nos trois grandes îles (STGÎ), qui milite pour la protection de l’archipel Saint-François, s’inquiète du silence de la députation lavalloise quant au sort réservé à ce milieu naturel, auquel une étude scientifique a accordé une haute valeur écologique.
En 2009, Québec octroyait 34 000 $ à STGÎ pour la réalisation d’une étude écologique, dirigée par la biologiste Anaïs Boutin, d’Éco-Nature. Le rapport a été publié en septembre. Depuis, les élus libéraux sont silencieux.
Promesse électorale
Leur engagement à protéger les îles St-Joseph, St-Pierre et aux Vaches remonte à 2008. Quarante-huit heures avant le déclenchement des élections, les cinq députés avaient promis une mise en réserve de l’archipel.
À l’approche d’un nouveau scrutin, faut-il s’attendre à une annonce? «De notre côté, notre objectif est toujours de protéger les trois grandes îles, réaffirme Francine Charbonneau, députée libérale de Mille-Îles. Mais dans le comment et le quand, je ne peux vous répondre.»
En septembre, Mme Charbonneau livrait exactement le même message. «Ce sont des terrains qui appartiennent à des individus. Ce n’est pas un processus simple et facile. Je n’ai pas de baguette magique ni de budget sans fin», a-t-elle justifié, lors d’une conversation téléphonique, le 7 février.
«La balle est dans le camp de tous les partenaires. La Ville s’est engagée aussi», a-t-elle ajouté.
À l’occasion du dévoilement officiel de l’étude, il y a cinq mois, la municipalité se montrait tiède. La conseillère du district d’Auteuil, Lucie Hill Larocque, n’avait pas répondu à l’invitation. Un porte-parole de la Ville avait motivé cette absence en expliquant que cette rencontre «s’adressait au gouvernement du Québec».
Gestes concrets
STGÎ demande maintenant au gouvernement libéral «des gestes concrets de protection permanente».
Les trois îles «sont davantage menacées, dans les faits, qu’elles ne l’étaient en 2008», écrit la présidente de STGÎ, Huguette Larochelle, dans un communiqué publié le 7 février.
Depuis l’abolition, en février 2009, d’un règlement municipal élargissant les possibilités de développement dans l’archipel, les députés ont retiré leur promesse de mise en réserve.
Pourtant, le zonage permet toujours la construction résidentielle le long des voies existantes. Cette possibilité est toutefois limitée à l’île St-Joseph, qui est pourvue d’une rue unique et est la seule à être desservie par un pont.
Mais la refonte de la Loi sur l’aménagement durable et l’urbanisme menace le mécanisme du référendum pour certains projets. Ce mécanisme, qui a déjà été contourné dans l’histoire des trois îles, est l’unique levier pour les citoyens opposés à leur urbanisation, a fait valoir Mme Larochelle, dans un mémoire présenté par STGÎ à l’Assemblée nationale, en mai 2011.
