Bureau de l’ombudsman: une transition dans le flou

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Josée Caillou gère les affaires courantes, jusqu’à la désignation d’un ombudsman nouvelle formule.

«Les messages laissés sur cette boîte vocale sont pris une fois par semaine, car nous n'avons plus de personnel permanent.» Au Bureau de l'ombudsman, c'est désormais l'enregistrement d'une voix féminine qui répond aux appels. Et donne, par la même occasion, un aperçu la réorganisation de cette instance de médiation.

La voix, c’est celle de Josée Cailloux, présidente du Bureau pour quelques mois encore. Depuis le congédiement de sa secrétaire générale, en janvier dernier, elle gère les affaires courantes, jusqu’à la désignation d’un ombudsman nouvelle formule. Plutôt qu’un comité de commissaires citoyens, le maire Alexandre Duplessis préfère en effet voir une seule personne gérer tous les dossiers.

Pour l’heure, le Bureau de l’ombudsman tourne donc au ralenti. Pour les citoyens qui s’estimeraient lésés dans leurs droits municipaux, cet interlocuteur est quasiment hors-service. «Nous n’avons pas d’aide administrative pour ouvrir des enquêtes, en ce moment, explique sa présidente. Avec les deux commissaires qui restent, on pourrait juste auditionner un citoyen qui serait rendu au bout de ses démarches.»

Du côté de l’Hôtel de Ville, aucune date de reprise des activités n’est avancée. Le processus de recrutement d’un nouvel ombudsman n’en est qu’à ses débuts et devrait prendre «plusieurs mois», selon le conseiller au cabinet du maire.

«Une réunion avec les trois commissaires qui font encore partie du Bureau a permis de compléter la description des tâches du nouveau poste, explique Pierre-Philippe Lortie. Un chasseur de têtes va maintenant chercher un candidat. Ça prendra le temps qu’il faudra, parce qu’on veut faire ça en toute transparence.»

Versions divergentes

La transparence, c’est justement ce qui aurait fait défaut depuis le début de cette réorganisation. Même si Josée Cailloux estime que la situation s’est clarifiée, elle garde à l’esprit les couacs de communication et les coups de théâtre de ces dernières semaines.

Début janvier, le maire rencontre cinq des sept commissaires du Bureau de l’ombudsman, qui lui demandent de conserver la structure existante. Mais quatre jours plus tard, lorsqu’il rappelle Mme Cailloux, c’est pour lui annoncer que l’instance va être réformée et pour lui proposer de continuer son travail, le temps de la transition.

«Le problème, c’est qu’il n’a rappelé que quatre des cinq commissaires présents à la réunion. Je ne sais pas ce que ces quatre personnes ont répondu à sa proposition, mais toujours est-il que lorqu’il a annoncé, pendant le conseil municipal, qu’une entente avait été trouvée, ça a surpris.»

Dès le lendemain, Alexandre Duplessis résume leurs options aux commissaires mécontents: assurer la transition ou démissionner. Quatre membres citoyens du Bureau choisissent de partir; Josée Cailloux, elle, reste. Sans pour autant approuver la méthode. «Cette façon de faire, ça ressemble bien à l’administration en place. Le maire ne fait pas dans la dentelle. C’est un comptable. Avec lui, il faut que ça roule.»

Nouvelle formule

Visiblement, le Bureau de l’ombudsman, mis en place en décembre 2010, ne «roulait» pas assez bien. «Cette réorganisation, c’est pour le rendre plus efficace, plus rigoureux», répète Pierre-Philippe Lortie, au cabinet du maire. «En 2011, seulement cinq dossiers ont été traités!»

Difficile de faire mieux au démarrage, répond Josée Cailloux, surtout quand la secrétaire générale du Bureau ne peut travailler «que deux jours par semaine». La nouvelle formule sera-t-elle plus convaincante? «Si le nouvel ombudsman se retrouve seul pour tout traiter en 20 heures par semaine, comme j’ai cru comprendre, peut-être que ce ne sera pas suffisant...» évalue l’actuelle présidente.

Dans l’entourage du maire, on assure que le prochain ombudsman «sera certainement épaulé dans son travail, mais que «tout reste à définir.» Seule certitude répétée: le mandat de l’instance restera le même, malgré le changement d’organisation.

Là encore, Josée Cailloux fait part de ses doutes quant à l’interprétation qu’Alexandre Duplessis fait de la mission de l’ombudsman. «Pour le maire, c’est un rôle de dernier recours. Nous, on le voyait plus largement. Vous comprenez, certains citoyens refusent d’avoir d’abord à se tourner vers leur conseiller municipal pour régler leur problème. Certains veulent directement s’adresser à une instance indépendante...»

Justine Caurant

Organisations: Bureau de l’ombudsman, Bureau de l'ombudsman

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  • Denis Chartier
    03 mars 2013 - 08:45

    Bien sûr que le processus manque de transparence. Il est certes plus difficile de contrôler un groupe de commissaires qu’un ombudsman qui se retrouve seul pour tout traiter… Bien sûr que le processus de recrutement d’un ombudsman qui acceptera de prioriser les instructions du maire plutôt que la défense des citoyens sera long et ardu. D’ailleurs, qui voudrait d’un poste dont on sait d’avance que son titulaire, considérant le rôle que le maire veut lui confier, n’aura aucune crédibilité ? Bien sûr que certains citoyens refusent d’avoir à se tourner vers un conseiller de cette administration pour régler leur problème… et préfèrent s’adresser à une instance indépendante… C’est justement ce que le maire Duplessis cherche à éviter… Et tout cela, il n’a pas intérêt à le dire…