Quels sont les facteurs environnementaux qui ont une incidence sur le développement ou la progression du cancer de la prostate? Une chercheuse de l'INRS et son équipe tenteront de répondre à cette question, grâce à un financement de près de 5 M$ annoncé le 21 février à Chomedey.
Dans le passé, «la majorité des projets portaient sur les causes moléculaires du développement des tissus cancéreux. Ce n'est pas suffisant», a souligné Mario Chevrette, président de la Société de recherche sur le cancer (SRC), lors d'une conférence de presse donnée au Centre de l'Institut national de recherche scientifique (INRS)-Institut Armand Frappier.
Or, dit M. Chevrette, près de 90 % des cas de cancers sont reliés à des facteurs environnementaux. «C'est-à-dire que 10 % à peine sont purement héréditaires.»
Des indices
«Le cancer de la prostate est une boîte noire. Qu'on soit encore sans réponse est aberrant», a lancé Marie-Élise Parent, professeure à l'INRS. La chercheuse mènera l'étude avec le professeur Pierre Karakiewicz, de l'Université de Montréal.
Mme Parent a bon espoir que l'étude de facteurs comme le stress, la consommation d'alcool, le niveau d'activité physique, l'alimentation et l'air qu'on respire permettra de jeter un nouveau regard sur la maladie, qui touche un homme sur sept.
L'effet de produits chimiques auxquels les individus atteints ont été exposés dans leur milieu de travail sera également examiné. Certains produits auraient un effet de modulation sur le système hormonal, explique Marie-Élise Parent.
«On a des indices valables, dit-elle. Des populations asiatiques à incidence faible adoptent, quand elles migrent, les taux d'incidence de leur pays d'adoption.»
Une dizaine de chercheurs montréalais et deux scientifiques américains complèteront l'équipe, autour de laquelle graviteront de nombreux étudiants et professionnels de recherche de l'INRS.
4000 hommes
Grâce à l'aide financière, 1000 individus s'ajouteront à un «échantillon» de 3000 hommes déjà sélectionnés par la Société canadienne du cancer, dans une douzaine d'hôpitaux de la région montréalaise. L'Hôpital de la Cité-de-la-Santé pourrait possiblement se joindre au projet d'étude.
Les individus se prêtent à une entrevue détaillée sur les éléments auxquels ils ont été exposés dans le passé. L'équipe de chercheurs effectuera un suivi de cinq à neuf ans des cas de cancers plus «agressifs», afin de les associer à des facteurs de risque.
5 M$
L'annonce du soutien financier de 4 728 203 $, répartis sur cinq ans, a été faite par le député de Chomedey, Guy Ouellette. Le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) contribue à parts égales avec la SRC au montage financier.
Le projet a été sélectionné à la suite d'un concours organisé dans le cadre du programme Groupe de recherche et de prévention en environnement-cancer (GRePEC).
