Contrairement à ce qu’on reproche aux Libéraux, le gouvernement Charest a réussi à contrôler ses dépenses, martèle le député de Laval-des-Rapides.
«L’an dernier, on avait prévu pour 2010-2011 une contraction de la croissance des dépenses de programmes de 972 M$. Au 31 mars prochain, on l’aura réduite de 1,4 G$.
Ce qui était nécessaire de faire pour retourner à l’équilibre budgétaire a été fait. On a économisé davantage que la cible qu’on s’était fixée.»
Pourtant, l’ensemble des dépenses du gouvernement a crû de 3,7 %, alors que la barre avait été fixée à 2,8 %. Un écart qui se traduirait par des déboursés excédentaires de 1,3 milliard de dollars.
«Ce qu’on peut contrôler, ce sont les dépenses courantes des programmes», fait valoir M. Paquet. Ce dernier justifie la hausse du déficit par des «dépenses imprévisibles ».
Il cite à cet égard le jugement Grenier, qui a empêché son gouvernement d’étaler sur quatre ans le règlement de l’équité salariale, et la révision actuarielle des régimes de retraite du secteur public et parapublic, connue à l’automne. Deux éléments qui ont nécessité des dépenses additionnelles de près de 600 M$.
«On n’allait pas sabrer à la tronçonneuse dans les dépenses en santé, en éducation et en services aux citoyens pour [rembourser] ces dépenses-là. On y a fait face de façon responsable et rigoureuse», clame-t-il.
Alain Paquet persiste et signe : le gouvernement reviendra à l’équilibre budgétaire en 2013-2014, en épongeant 62 % du déficit projeté de 12,2 G$ par le simple contrôle de ses dépenses et la lutte à l’évasion fiscale, tel qu’il s’est engagé à le faire l’an dernier.
«Avec notre plan du retour à l’équilibre budgétaire, la croissance des dépenses de programmes passera de 5,8 % en moyenne de 2006 à 2010 à 3,1 % entre 2010 et 2014. On l’a presque réduit de moitié. C’est un effort considérable.»
Hausse des frais de scolaritéLe ministre délégué aux Finances défend, par ailleurs, la hausse annuelle des frais de scolarité de 325 $ par année, et ce, sur une période de cinq ans.
«C’est un choix qu’il fallait faire, si on ne voulait pas perdre en qualité de l’enseignement et de la recherche universitaire.»
Il explique que le gouvernement injectera plus de la moitié des 850 M$ en financement additionnel au réseau universitaire, et ce, à même l’argent de l’ensemble des contribuables.
«On demande aux étudiants de faire leur juste part», enchaîne Alain Paquet, soulignant qu’un diplômé du baccalauréat touchera en moyenne des revenus d’emploi de 20 % supérieurs aux détenteurs de diplôme d’études secondaires.
«Ça représente 600 000 $ de plus sur toute une vie», appuie-t-il, ce qui justifie d’autant à ses yeux cette hausse «de moins de 5 $ par jour» une fois que la pleine mesure tarifaire sera effective, en 2016.
«À terme, les frais de scolarité seront encore 30 % moins chers au Québec qu’ailleurs dans le reste du Canada», insiste Alain Paquet.
Il précise également que le gouvernement réinjectera dans le programme d’aide financière aux études 35 % de cet effort évalué à 332 M$ qu’on exigera aux étudiants.
«Un geste qui préservera l’accessibilité aux études universitaires pour les étudiants qui n’en auraient pas les moyens », termine le député de Laval-des-Rapides.
