Sur le pont de bois de l’île Saint-Joseph, à quelques dizaines de mètres d’une saillie rocheuse où deux tortues se prélassaient, les militants pour la sauvegarde de l’archipel Saint-François ont dévoilé, le 19 septembre, une étude écologique des trois îles et demandé un moratoire sur leur développement.
«Ce qui frappe, c’est de trouver autant d’espèces diverses dans un écosystème aussi diversifié», résume Anaïs Boutin, biologiste. Mme Boutin est coauteure et rédactrice en chef du Rapport de l’étude sur la pertinence écologique de protéger les trois grandes îles.
Cette étude, réalisée par Éco-Nature, commandée par l’organisme Sauvons nos trois grandes îles et financée par Québec (34 000 $), fait le bilan des connaissances existantes sur la faune, la flore et les habitats de l’archipel.
Milieu exceptionnel
Les îles aux Vaches, Saint-Joseph, Saint-Pierre: 198 hectares, «soit le plus grand espace encore naturel sur la rivière des Mille Îles. Cet assemblage de boisés, d’îles, de rives, de baies, de marais, de marécages et d’herbiers représente un élément unique dans le paysage urbain de la Communauté Métropolitaine de Montréal».
Selon les auteurs de l’étude, les trois îles possèdent une diversité végétale impressionnante, des écosystèmes forestiers exceptionnels, des peuplements rares et une grande variété d’habitats pour une flore et une faune riches et diversifiées, comprenant de nombreuses espèces rares ou en péril.
Fait à noter, par rapport à l’ensemble de la biodiversité du Québec, l’archipel Saint-François recèle 44 % des reptiles, 36 % des amphibiens, 31 % des oiseaux, 25 % de la faune vertébrée, 21 % des mammifères et 9 % des poissons.
Au total, 221 espèces animales fréquentent ce milieu, où on compte 245 espèces végétales, dont 14 en péril.
Valeur élevée
Pour ces raisons, Éco-Nature est d’avis que l’archipel présente une «valeur écologique élevée» et recommande «que les autorités compétentes en matière de conservation de milieux naturels accordent aux îles un statut de protection adéquat dans les plus brefs délais».
La protection de ce joyau est d’autant plus importante que la pression urbaine s’accroît, notamment en raison de l’arrivée du pont de l’A-25. Par ailleurs, le sud du Québec est considéré comme la zone la plus riche du point de vue écologique, alors que le réseau québécois d’aires protégées montre des lacunes de taille à cette latitude.
«On entend souvent dire qu’on va recréer de la biodiversité. Mais une espèce disparue l’est à tout jamais. Il faut protéger et conserver, c’est ça, qu’il faut souligner», a fait valoir le directeur du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval, Guy Garand, présent à la conférence.
Sauvons nos trois grandes îles demande qu’un moratoire de trois ans soit décrété, que les îles soient acquises dans leur intégralité, que Québec soit l’initiateur de l’acquisition, que la protection de l’archipel soit effectuée via un statut légal reconnu et qu’il soit inclus dans le Refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles.
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On peut consulter l'étude sur le site Internet de Sauvons nos trois grandes îles.
