Confrontations sur le parvis de l’église

Kariane
Kariane Bourassa
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La mise à la retraite de l’abbé Comeau provoque de fortes réactions

Église Saint-Sylvain

Lors de la messe de 17h, le 29 septembre, le parvis de l’église Saint-Sylvain a été le théâtre de confrontations entre les paroissiens venus manifester leur joie et leur mécontentement face à la retraite forcée du pasteur administrateur Mauricie Comeau.

À 75 ans, l’âge de la retraite pour les curés, l’abbé Comeau s’est fait montrer la porte. Ce geste a soulevé l’indignation de plusieurs citoyens qui en quelques jours ont amassé plus d’un millier de signatures demandant la restitution de l’abbé Comeau.

Dans l’église, samedi dernier, tous les sièges étaient occupés et plusieurs Lavallois attendaient impatiemment la fin de la cérémonie pour questionner l’archevêque Christian Lépine et le nouveau curé, Mgr Pierre Murray au sujet de cette décision qu’ils jugent surprenante et injustifiée.

L’archevêque s’abstient de commentaires

Lors de son sermon, M. Lépine n’a fait qu’une brève allusion au départ de l’abbé Comeau, au grand désarroi des fidèles qui étaient venus pour élucider la chose.

L’archevêque s’est dit sensible à la peine des citoyens, mais les a invités à tourner la page.

C’est donc à la sortie de l’église qu’une querelle a éclaté entre les sympathisants du départ de l’abbé et ses fidèles. Ajoutant à la consternation des paroissiens, l’archevêque et le nouveau curé ont tout simplement refusé de commenter cette histoire. Tous voulaient connaître la raison du départ de l’homme de foi que la rumeur impute à des allégations de fraude.

Dette de plusieurs milliers

Dans un document distribué à l’entrée de l’église, le curé Pierre Murray fait état de la précaire situation financière de la paroisse Saint-Sylvain. On peut y lire : «Dans les faits, la paroisse a cumulé au cours des années antérieures pour 102 202 $ d’arrérages à l’endroit de l’Archevêché. Par ailleurs, il y avait effectivement pour 58 681 $ de factures impayées. […] Il est bon de noter que la paroisse a une marge de crédit auprès de la caisse populaire: cette marge de 20 000 $ était totalement utilisée à mon arrivée. Les marguilliers et moi-même avons examiné la situation et constaté que plusieurs fournisseurs ne voulaient plus nous offrir de service». Il cite alors les fournisseurs de mazout, de lampions, de prions de l’église et les compagnies comme Bell et Hydro-Québec.

Faisant fi de ce message, certains citoyens persistent à demander le retour de l’abbé. «On avait une situation financière difficile, mais toutes les églises en ont et il n’était pas le seul à prendre des décisions», s’exclame une femme mécontente qui s’est confiée sous le couvert de l’anonymat.

«Dans les faits, la paroisse a cumulé au cours des années antérieures pour 102 202 $ d’arrérages à l’endroit de l’Archevêché. Par ailleurs, il y avait effectivement pour 58 681 $ de factures impayées» Mgr Pierre Murray

«Je connais le curé depuis plus de cinq ans et je trouve que c’est du salissage et c’est une atteinte à sa réputation», crie-t-elle insultée. La dame reproche à l’archevêque de l’avoir «traité de manière ignoble sans donner d’explications aux citoyens».

Même son de cloche pour Xavier Kalibbala, instigateur de la pétition. «On veut savoir pourquoi il a été congédié et pourquoi de cette façon?» interroge-t-il.

Étonnement, les paroissiens heureux du départ de l’abbé Comeau semblent aussi furieux contre l’archevêque. «Notre église s’est fait avoir! Où est l’argent des quêtes?», demande un homme, en faisait la corrélation entre l’argent qui entrait à l’église et les dettes de celle-ci.

 Les citoyens des deux clans continuent, pour leur part, à réclamer une rencontre avec les hauts placés de l’église.

Un remplacement «normal»

La directrice des communications de l’Archevêché de Montréal, Lucie Martineau, assure toutefois qu’aucune rencontre n’est prévue entre le nouveau curé et les citoyens au sujet du départ de l’abbé Comeau. Elle soutient que la visite de Mgr Lépine avait simplement pour but de présenter le curé Pierre Murray. Selon elle, la mise à la retraite de M. Comeau s’est fait en bonne et due forme.

«C’est un remplacement normal puisqu’il avait atteint l’âge de la retraite, 75 ans», affirme-t-elle. Elle déclare que l’ancien curé avait terminé sont mandat de six ans, et qu’en raison de son âge, il n’avait été renouvelé que pour un an. «Son mandat se terminait le 31 août et nous ne l’avons simplement pas renouvelé», dit-elle. 

Quant aux allégations sur les fraudes financières, elle prétend que rien n’est encore prouvé par l’Archevêché. «Pour le moment, ce sont des allégations. Des enquêteurs indépendants vont examiner la situation», soutient-elle.

 La directrice avoue recevoir des appels et des messages de mécontentement face au départ de l’abbé Comeau, mais explique que c’est une chose normale dans une telle situation. «Quand un curé part, il y a toujours du monde triste, car des liens se créent entre lui et les paroissiens», rapporte-t-elle.

Organisations: église Saint-Sylvain, Bell, Courrier Laval

Lieux géographiques: Paroisse Saint-Sylvain

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Derniers commentaires

  • Henri St-Jacques
    14 octobre 2012 - 11:48

    Les marquilliers n'ont-ils pas la responsabilité de supperviser les finances de la fabrique? Quel rôle ont-ils joué dans cette affaire?