Quand le sort s'acharne sur une famille

Kariane
Kariane Bourassa
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Infirmière auxiliaire et mère monoparentale de deux enfants, dont un garçon lourdement handicapé, Josée Robichaud a tout perdu dans un incendie moins de 30 jours après avoir annulé son assurance habitation.

C'est dans la nuit de dimanche à lundi qu'un violent incendie causé par un court-circuit a complètement détruit la maison mobile qu'elle habitait avec ses enfants.

«J'ai entendu le voisin crier et frapper dans la porte. Il m'a empoignée et m'a sortie de la maison. J'ai juste eu le temps de prendre un jeans et ma sacoche», lance Mme Robichaud, en regardant fixement les décombres laissés par le feu.

Les flammes ont pris naissance dans le plafond de la chambre des enfants qui exceptionnellement dormaient chez leur grand-père pour la nuit. «Ils auraient pu y passer. Le voisin a juste eu le temps de la sortir et tout était déjà enflammé», lance avec émotion une amie de la famille.

Un enfant gravement malade

Encore sous le choc des récents évènements, Josée Robichaud n'a que de bons mots pour la vingtaine de pompiers qui lui ont prêté main-forte. «Lorsque je leur ai dit que j'avais un enfant handicapé, ils ont fait une chaîne pour aller récupérer les objets adaptés», indique-t-elle.

Rémy, son fils aîné de neuf ans, souffre du syndrome Melas, une maladie dégénérative dont l'espérance de vie des personnes atteintes est d'une dizaine d'années. Le coût des médicaments qu'il doit prendre est de 11 000 $ par années, un montant qui n'est pas entièrement couvert pas l'assurance de la famille.

«Mon fils fait environ 600 crises d'épilepsie par année. Il a besoin de repères. Depuis le début de sa maladie, il focus, sur les trains et ne pas avoir son jouet pourrait le perturber et créer de fortes crises. Lorsque j'ai expliqué cela aux pompiers, ils sont retournés dans la maison en flamme pour sauver son train», affirme Josée Robichaud.

Elle soutient que les sapeurs ont risqué leur vie pour sauver quelques objets de valeurs, dont des photos d'un voyage à Walt Disney World, effectué grâce à la Fondation Rêves d'enfants.

Elle refuse de s'apitoyer

Comble du malheur, la jeune mère de famille avait annulé son assurance habitation depuis peu. «Je voulais changer de compagnie, alors j'étais en train de les magasiner. J'attendais la fin du mois, le temps de régler mes finances», explique-t-elle. Malgré sa situation, Josée Robichaud n'a pas l'intention de jouer les victimes. «Je ne peux pas être à terre, je dois me relever et continuer pour mes enfants. Je les élève seule, alors je dois jouer le rôle des deux parents. Je dois être forte pour deux», déclare-t-elle d'un ton déterminé.

Les priorités

Depuis le lever du soleil, Josée fouille les décombres à la recherche d'objets récupérables. «La priorité est de trouver des vêtements pour mes enfants de neuf ans et sept ans et des uniformes pour mon travail. Nous allons dormir chez mon père, mais nous aurons aussi besoin de savon et du matériel de base», lance-t-elle.

Des projets qui partent en fumée

Afin de passer le plus de temps possible avec son garçon malade, Josée espérait devenir une famille d'accueil pour les enfants lourdement handicapés. «Je voulais travailler de la maison et passer du temps avec mon fils tout en m'occupant d'autres enfants», explique celle qui travaille pour l'hôpital Sainte-Justine. Elle soutient que ce service est rare et demandé. Pour ce faire, elle voulait fait une extension et aménager deux chambres de plus. Un projet qui est maintenant parti en fumée. Douze heures après l'incendie, elle n'avait toujours pas eu la chance de parler avec ses garçons. «Mes enfants et moi, on est une équipe. Je vais leur dire que comme avec la maladie de Rémy, on va y aller un jour à la fois et ça va aller. Il faut faire confiance à la vie», soutient la mère de famille. Les prochains jours seront éprouvants, et Josée devra compter sur l'aide de sa famille et ses amies pour se reloger, se nourrir et se vêtir. Sans baisser les bras, elle regarde droit devant et entame déjà les démarches pour rebâtir sa vie. «Le découragement est là, mais je reste optimiste. Je dois bouger. Si je ne fais rien, je vais m'écraser et je ne veux pas, je ne peux pas», laisse-t-elle savoir.

Il est possible d'aider la famille Robichaud en téléphonant au 514 817-7554.

Organisations: Fondation Rêves d'enfants

Lieux géographiques: Hôpital Sainte-Justine

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