Guide pratique de la femme d’affaires, à la sauce dragonne

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Danièle Henkel, présidente des Entreprises Danièle Henkel et membre du panel des juges dans l’émission de téléréalité <@BVi>Dans l’œil du dragon<@$p>, diffusée sur Radio-Canada. (Photo: Courtoisie)

«Moi, je suis une amoureuse de la femme, c’est pour ça que je la secoue autant!» Les Lavalloises sont prévenues: en venant à leur rencontre le 8 mars, pour l’incontournable Journée internationale de la femme, l’entrepreneure Danièle Henkel ne fera ni dans l’attendrissement ni dans les conseils rassurants. Devenir femme d’affaires, ça se décide et ça s’assume, répète avec passion celle qui a gagné le surnom de «Dragonne» en participant à l’émission de téléréalité de Radio-Canada.

Ces six derniers mois, Danièle Henkel a donné une quarantaine de conférences à travers la province. De La Tuque à Alma, en passant par Saguenay, elle a vanté les mérites des entreprises locales. Inlassablement, cette conteuse hors pair, à la familiarité polie et au rire facile, a aussi raconté son «parcours rocambolesque». C’est cette vie bien remplie, cette vie de «femme, femme d’affaires, mère, grand-mère et immigrante», qu’elle partagera une nouvelle fois à Laval, à l’initiative de la section locale du Réseau des femmes d’affaires du Québec. 

Partir de pas grand-chose, faire ses preuves, créer son propre produit, lancer son entreprise… Danièle Henkel connaît les inévitables obstacles du monde des affaires. Arrivée d’Algérie en 1990, cette Marocaine d’origine a dû «tout reprendre à zéro» au Québec. À force d’acharnement et de rencontres stimulantes, elle fonde son entreprise éponyme en 1997, un an après avoir inventé le gant exfoliant Renaissance, aujourd’hui vendu partout dans le monde. Un modèle de réussite, qui n’éclipse pas les doutes.

«En tant qu’entrepreneure, on est seule en haut et on a l’impression de tout porter. Je n’ai pas de conseils à donner aux femmes, je ne suis là que pour partager. Mais ce que je peux leur dire, c’est que, quand je doute, je m’oblige à me rappeler la raison de mon choix. Et là, je sais où je vais. Il faut le répéter aux femmes: "Soyez fières de ce que vous avez choisi de faire!"» 

On est capables!

La Dragonne l’affirme haut et fort: les femmes d’affaires ont plus besoin de motivations extérieures que leurs homologues masculins. Sans nier l’existence de certaines inégalités persistantes entre les deux sexes, elle dénonce surtout les freins psychologiques que ses congénères s’infligent.

«Ça bloque parce que nous sommes notre propre ennemi. On ne s’entraide pas assez! On est très fortes pour mémérer, chialer pour un oui ou pour un non! Tenez, quand une femme réussit, on a encore cette mentalité de bac à sable qui nous pousse à la critiquer.»

Danièle Henkel ne s’exclut pas de cette catégorie d’«émotives», de «passionnées», de «mères nourricières qui donnent plus qu’elles reçoivent». Mais elle se reconnaît le succès de ne pas avoir cédé à la «culpabilité» de la mère femme d’affaires. L’équilibre après lequel courent tant d’entrepreneures, soucieuses de ne pas délaisser leur progéniture, elle l’a trouvé en recrutant ses quatre enfants dans son entreprise. «J’ai choisi la façon de mener ma vie», résume la pétillante quinquagénaire.

Coup de pub et coup de pouce

Et parce qu’elle ne fait rien sur un coup de tête, cette audacieuse chef d’entreprise a senti l’intérêt stratégique quand les producteurs de l’émission Dans l’œil du dragon, lui ont proposé de devenir juge. «C’était quitte ou double, mais j’y suis allée avec mon intuition. On a ça, nous, les femmes, et il faut qu’on l’utilise!» 

Pari gagnant. Seule dragonne parmi les dragons, Danièle Henkel a tapé dans l’œil du public pour son naturel et son charisme. Elle a surtout profité de la visibilité pour vanter ses soins médico-esthétiques et thérapeutiques «sans dépenser des millions». Si les retombées économiques ne se font pas encore sentir, les marques de reconnaissance professionnelle n’arrêtent plus d’affluer.

Mais plus qu’un coup de pub, l’expérience lui a valu un gros «coup de cœur». Le projet dans lequel la Dragonne a choisi d’investir, c’est celui de deux jeunes Lavalloises, qui ont imaginé des sous-vêtements sexy pour femmes souffrant d’incontinence urinaire. «C’était tout à fait moi, ce genre de produit! À la fois dans le monde de la santé, à la fois dans le monde de la femme.» 

Là où l’émission ne prévoyait qu’un investissement financier, Danièle Henkel n’a pas hésité à s’impliquer pour carrément lancer l’entreprise. «J’ai remanié un de mes bureaux pour leur faire de la place. Elles ont maintenant accès gratuitement à mes services marketing et à ma comptabilité. Et puis, je les coache tous les jours. Je veux leur apprendre à tout faire toutes seules! Parce que tout ne sera pas rose pour elles!» 

La Dragonne avait prévenu: elle secoue.

Danièle Henkel donnera une conférence le vendredi 8 mars, à 11h, au Château Royal. Coût: 85 $. Information auprès du Réseau des femmes d’affaires du Québec, section Laval, au 514 347-8656. Justine Caurant

Organisations: Réseau des femmes, Marocaine, Château Royal

Lieux géographiques: Québec., Laval, La Tuque Alma Saguenay Algérie

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