«Est-il possible de concilier la croissance économique avec la crise environnementale?» est le thème autour duquel une douzaine de militants ont débattu pendant deux heures, réunis dans un Presse-Café. Économie, écologie, travail et agriculture étaient au cœur des échanges, sous l’animation de Denise Leahy.
Décroissance convivialeEn ouverture, Christine Dumas, membre de la commission politique de Québec solidaire et du collectif Décroissance conviviale, a dressé la table en questionnant le modèle économique actuel, qui repose sur une course effrénée à la production et la consommation.
«Il y a de plus en plus de suicides, de dépressions, de narcomanie et d’itinérance. Une personne sur six ne mange pas à sa faim dans le monde et on dit que ça s’améliore!», résume-t-elle d’entrée de jeu.
Le modèle actuel n’a de cesse de creuser l’écart entre les riches et les pauvres et, pis encore, il menace directement la survie de la planète, considérant que l’énergie utilisée pour soutenir le niveau de production mondiale excède largement sa capacité en termes de ressources naturelles.
Christine Dumas est formelle: le progrès passe par la transition d’une société de consommation à une société de conservation. «Moins de biens, plus de liens», propose-t-elle, préconisant des valeurs sociales et écologiques en lieu et place du culte de la marchandise.
On ne peut plus «sacrifier l’environnement sur l’autel de l’économie», signifiant que les bonnes intentions issues du Sommet de la Terre, à Rio en 1992, et les cibles de Kyoto ont été «détournées au profit de la croissance économique». «Non à l’obsolescence planifiée des produits», lance-t-elle, plaidant en faveur d’une «décroissance voulue et assumée avantageuse pour tous».
Faire évoluer les mentalitésFaute d’aspirer au pouvoir, Québec solidaire encourage les actions locales concrètes pour «faire grandir un projet politique différent et faire évoluer les mentalités».
En d’autres termes, privilégier la simplicité volontaire au syndrome du voisin gonflable et redéfinir les notions de qualité de vie à la faveur notamment de la conciliation travail-famille.
Changer nos façons de faire et de voir comme, par exemple, recadrer les indicateurs traditionnels de richesse dans une perspective environnementale, qui tiendrait compte de l’empreinte écologique. En contrepartie du produit intérieur brut, mesurant la valeur totale de la production de biens et services, on évoque un PIB vert qui évaluerait les effets de la croissance économique sur l’environnement en termes de consommation d’énergie et de pollution.
Dans cette foulée, on souhaiterait pouvoir étiqueter le réel coût social et environnemental d’un bien de consommation et obliger les manufacturiers à rendre publique la durée de vie projetée de leurs produits et appareils. «Il n’y a pas que le PIB; on pourrait accorder tout autant d’importance aux indicateurs de bonheur et autres indices de l’ONU [Organisation des Nations unies) et de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], insiste un militant.
Produire localement, assurer la souveraineté alimentaire, prioriser l’agriculture biologique, créer un fonds d’investissement vert pour les entreprises écologiquement responsables, développer des écovillages pour faire échec à l’étalement urbain, favoriser le télé-travail dans les secteurs de service, promouvoir le covoiturage et encourager le verdissement des toits plats sont autant de mesures qui ont été avancées pour redonner un sens au concept du développement durable.
Ces propositions devraient alimenter la réflexion qui animera le congrès du parti Québec solidaire, en juin 2011.
