La Commission spéciale mourir dans la dignité déposera son rapport en février

Geneviève
Geneviève Fortin
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Francine Charbonneau espère que le rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité aura des suites.

Après plus de deux ans de travaux, les membres de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité devraient déposer leur rapport à la fin du mois de février. D’ici là, une dizaine de rencontres sont prévues pour finaliser le rapport, note l’un des membres de la commission, la députée libérale de Mille-Îles, Francine Charbonneau.

Malgré la charge émotive liée aux témoignages des personnes qui se sont présentées devant la Commission, Mme Charbonneau reconnaît que la partie la plus difficile du travail a été les délibérations à huis clos, alors que les parlementaires devaient s’entendre sur le contenu du rapport. Elle assure que les difficultés n’avaient rien à voir avec la partisanerie. Au contraire. «Le comité m’a réconciliée avec le travail parlementaire», confie l’élue, rencontrée à son bureau de comté.

«Même si on écoute tous le même disque, on n’entend pas tous les mêmes chansons et les paroles ne veulent pas dire la même chose pour chacun de nous», illustre-t-elle, en notant que les élus ont dû concilier leurs croyances personnelles et tout ce qu’ils ont entendu.

«Mon but n’est pas de faire plaisir à ceux qui sont pour ou à ceux qui sont contre», répète la députée, sans donner d’indice sur les conclusions du rapport. Elle insiste sur l’importance du travail de la Commission qui doit refléter la vision de la population.

Rappelons que la Commission a été créée par une motion unanime de l’Assemblée nationale adoptée en décembre 2009. Avant de tenir des consultations publiques sur l’euthanasie et le suicide assisté, les membres ont rencontré des experts de différents horizons. De septembre 2010 à mars 2011, les parlementaires ont entendu 231 témoignages lors des 29 journées d’audience tenues dans 8 villes de la province. Au total, ils ont reçu 273 mémoires.

Europe

L’été dernier, quelques commissaires ont visité la France, la Belgique et les Pays-Bas, afin de constater l’orientation prise par chacun de ces pays dans ce dossier.

Après y avoir réfléchi, la France n’a légalisé ni l’euthanasie ni le suicide assisté, alors que les Belges permettent l’euthanasie et que les Néerlandais autorisent les deux pratiques depuis 2002. «Ils ont pu défaire bien des mythes», rapporte la députée en parlant des Néerlandais.

Elle a constaté aux Pays-Bas une grande ouverture d’esprit et une grande liberté individuelle. «Même ceux qui se disent contre l’euthanasie ou le suicide assisté veulent que le choix reste. Un médecin nous a dit qu’il y est opposé en raison de ses croyances, mais que si un patient lui demande, il le réfère à un autre médecin.»

La suite

Comme il ne s’agit pas d’une commission permanente de l’Assemblée nationale, le dépôt du rapport n’entraînera pas nécessairement un débat au Salon bleu. Francine Charbonneau note que c’est l’Assemblée nationale qui décidera de l’avenir de ce rapport. Elle souhaite qu’il ne finisse pas sur une tablette. Un espoir que certains de ses collègues députés jugent naïf. «La question est trop forte», dit-elle en refusant le cynisme.

«Je suis certaine que le jour où le rapport sera publié, des gens des autres provinces et du gouvernement fédéral en voudront une copie. Ils voudront voir jusqu’où on va aller», affirme-t-elle en soulignant qu’au cours des consultations publiques, la Commission a entendu des citoyens du reste du Canada et des États-Unis.

Organisations: Assemblée nationale, Commission spéciale

Lieux géographiques: France, Pays-Bas, Belgique Canada États-Unis

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