La CAQ formera un gouvernement majoritaire, prédit François Legault

Stéphane
Stéphane St-Amour
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L’incapacité de son parti à faire mieux qu’une troisième place lors des deux élections partielles du 11 juin n’a affecté en rien l’optimisme de François Legault, qui prédit que la Coalition avenir Québec (CAQ) formera le prochain gouvernement majoritaire.

De passage à Laval, le 6 juillet, le chef de la CAQ croit possible d’obtenir 35 % des suffrages aux prochaines élections, ce qui suffirait, estime-t-il, pour décrocher la majorité des 125 circonscriptions de la province.

Défi de taille

Un pari de taille, considérant que son parti a récolté 20 % d’appuis à son premier test électoral, il y a moins d’un mois.

Un résultat décevant qu’il attribue à la faible notoriété de son parti, qui n’avait alors que sept mois d’existence, de même qu’à la crise étudiante, qui polarisait le débat public.

«Notre position semblable à celle du gouvernement nous a nui», observe-t-il, tout en dénonçant au passage le manque de «transparence» et de «leadership» du premier ministre dans ce dossier.

D’ailleurs, le chef de la CAQ va jusqu’à accuser Jean Charest d’avoir «créé le conflit étudiant» pour faire diversion. «Il a tenté de cacher l’éléphant dans la pièce», enchaîne M. Legault en évoquant les allégations de corruption envers le gouvernement.

Échéance électorale

À cet égard, François Legault ne serait pas surpris que des élections générales soient déclenchées le mois prochain en vue d’un scrutin à la mi-septembre.

«Il est clair que Jean Charest ne veut pas se rendre au 17 septembre», affirme-t-il, en référant à la reprise des travaux de la Commission Charbonneau, chargée d’enquêter sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

S’il avait le loisir de décider du moment de l’élection, le leader caquiste décréterait la dissolution du Parlement au lendemain de la fête du Travail pour convoquer les Québécois aux urnes en octobre.

«C’est ce que ferait M. Charest s’il veut un vrai débat», fait valoir François Legault. Ce dernier estime qu’en déclenchant des élections en plein cœur de l’été, le chef libéral ferait passer ses intérêts personnels avant les intérêts supérieurs de l’État.

Pour compenser la faible notoriété de la CAQ, les pancartes électorales afficheront le visage de son chef et les bulletins de vote, le jour du scrutin, préciseraient Coalition avenir Québec - Équipe François Legault sous le nom du candidat caquiste. Une demande en ce sens a déjà été déposée auprès du Directeur général des élections du Québec.

Agenda de campagne

M. Legault et son équipe sont à préparer l’agenda qui guidera la prochaine campagne.

Pendant la trentaine de jours où il parcourra le Québec, le chef de la CAQ entend bien faire connaître et comprendre les grandes réformes qu’il propose, notamment en en éducation et en santé.

«Depuis que les libéraux sont au pouvoir, le taux de décrochage scolaire au Québec n’a pas diminué. À Laval, c’est 22 % des jeunes qui ne terminent pas leur secondaire; c’est un garçon sur trois qui ne diplôme pas.»

En santé, il déplore que le quart de la population québécoise n’a pas de médecin de famille. «À l’hôpital Cité de la Santé, le taux d’occupation est de 110 % et le temps d’attente moyen à l’urgence est de plus de 20 heures», donne-t-il en exemple.

Économie

L’économie est aussi un cheval de bataille de la CAQ et François Legault torpille le bilan des libéraux en pareille matière.

«Lorsque Jean Charest a pris le pouvoir en 2003, le Québec se classait au 4e rang des provinces canadiennes au chapitre du revenu personnel disponible par habitant. Depuis, le Québec a glissé en 9e et avant-dernière place, tout juste devant l’Île-du-Prince-Édouard », souligne-t-il.

Au chapitre de la dette par habitant, il précise que le Québec est dernier de classe au pays et en tient personnellement responsable le gouvernement Charest: «Le tiers du poids de la dette du Québec nous vient des neuf années de Jean Charest au pouvoir.»

Au rythme où vont les choses, François Legault est d’avis que dans dix ans le Québec aura rejoint la Grèce quant à sa dette publique en pourcentage du produit intérieur brut (PIB).

Organisations: CAQ, Coalition, Commission Charbonneau Parlement au lendemain de la fête du Travail Directeur général des élections du Québec

Lieux géographiques: Québec, Laval, Hôpital Cité de la Santé Île-du-Prince-Édouard

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  • Line Pelletier
    08 juillet 2012 - 09:40

    Bravo pour l'analyse économique. Continuez à en parler. Le bilan des deux vieux partis (Libéraux tout comme Québécois) au niveau de la gestion a mené à ce que nous connaissons aujourd'hui. Des scandales de corruptions dans l'attribution et la surveillance des contrats dans le secteur de la construction, un système routier qui se compare avantageusement à celui du Guatemala, Nicaragua et du Honduras mais désavantageusement à ceux de tous les autres pays d'Amérique du nord et centrale. Sincèrement, je vous souhaite d'aller chercher un candidat journaliste pour faciliter votre couverture médiatique.