Jean Pascal, une ancienne victime

Sylvain
Sylvain Lamarre
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Témoignage du champion de boxe

Jean Pascal dit non à l’intimidation.

L'intimidation touche beaucoup de personnes, dont certaines insoupçonnées. Jean Pascal, boxeur professionnel qui aime bien intimider ses adversaires, a déjà été une victime.

L’ancien champion mondial des super moyens du WBC a grandi dans le quartier Saint-François. Au primaire, Jean était une cible de prédilection en raison de la couleur de sa peau et de son petit gabarit.

«J’étais le seul Noir de mon école, le seul Noir de mon équipe de hockey et le seul Noir de mon quartier. J’étais petit et maigre. Je me suis fait pas mal écœurer», se souvient celui qui a souffert des moqueries de ses camarades de classe.

«J’avais un mélange de peur et de colère en même temps. Je n’ai pas trouvé cela facile, mais je m’en suis sorti», a-t-il ajouté.

Battu

Un jour, Jean a même encaissé les coups des plus vieux. «En deuxième année, je me suis fait tabasser par un groupe de sixième année. Ils me donnaient des coups dans le ventre.»

Il reconnaît par ailleurs s’être retrouvé quelques fois dans le pétrin. «J’étais toujours là pour aider les autres. J’intervenais comme bon Samaritain et ça m’a valu quelques coups», a admis l’athlète de 29 ans.

Le sport lui a donné confiance

Pascal a surmonté ce problème grâce au sport. Il a voulu apprendre à se défendre en suivant un cours d’aïkido. Puis, il a été initié à la boxe, à l’âge de 13 ans, par son frère Nicholson Poulard.

«Les gens peuvent être surpris, étant donné que je suis champion boxeur, d’apprendre que je me suis déjà fait battre et que j’ai été intimidé. Mais plus jeune, j'étais très complexé et sans confiance. La boxe a changé cela», souligne le réputé pugiliste.

«Le fait d'être capable de performer et de vaincre des adversaires, peu importe la discipline, permet de prendre confiance en soi à tous les autres niveaux de notre vie», avoue-t-il.

Un modèle

Pascal dénonce haut et fort l'intimidation. Il s’est dit attristé de la mort tragique de la jeune Marjorie Raymond, qui s'est récemment suicidée, victime d'intimidation physique et verbale à l'école.

«Ceux qui me connaissent savent que ce dossier me touche beaucoup. Nous avons tous la responsabilité d'arrêter ce fléau. J’espère que je pourrai servir de modèle», dit-il en soupirant.

La conscience des enfants

Le célèbre boxeur estime qu'il est grand temps d'agir. «Les jeunes doivent prendre conscience de leurs paroles et de leurs agissements. Ils ne connaissent pas toujours la portée de leurs gestes. Malheureusement, l’intimidation se poursuit souvent à la maison avec les médias sociaux. Par chance, je n’avais pas cela dans mon temps», soupire-t-il.

Une question d’éducation

Il estime que les adultes ont un rôle primordial à jouer pour contrer l’intimidation. «Ils doivent éduquer les enfants et intervenir au moindre soupçon. Il faut favoriser la communication avec ceux-ci, surtout en cas de changement de comportement.»

Dénoncer

Dans ce genre de situation, Jean Pascal estime que les gens réfléchissent trop et n’agissent pas assez. «Il faut dénoncer et en parler. Il ne faut pas avoir peur de passer pour un porte-panier», insiste-t-il.

«Les vrais lâches ne sont pas ceux qui s'écrasent devant l'intimidation, ce sont les intimidateurs et ceux qui détournent le regard devant l'agression. Les intimidateurs manquent souvent de confiance et ils essaient d’écraser les autres pour se valoriser», termine Pascal.

Lieux géographiques: Quartier Saint-François

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