Destination Bolivie : un an d’aide humanitaire pour une famille de Laval

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Kariane Bourassa
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Une langue différente, un paysage déroutant, mais surtout une culture qui ne s'apparente en rien aux mœurs nord-américaines, voilà les découvertes d’un couple d’enseignants lavallois qui a déménagé une année entière en Bolivie avec ses trois enfants, afin de faire de l'aide humanitaire. Récit d’une année tumultueuse au cœur de l'Amérique du Sud.

La famille Marier-Beaulac vient tout juste de rentrer au pays. Depuis moins de deux semaines, ils ont regagné leur maison située dans le quartier Pont-Viau avec en tête mille et un souvenirs de cette année passée à Cochabamba, une ville de Bolivie située au sud-est de La Paz. Dans l'ordinateur familial, près de 10 000 photos témoignent de cette expérience de vie.

Se préparer

«Faire un voyage comme celui-là prend beaucoup de préparation. Nous y pensions depuis longtemps, mais nous voulions attendre que les enfants soient tous en âge d'aller à l'école, afin de pouvoir étudier dans une autre langue et se souvenir des notions apprises», explique Marie-Hélène Beaulac en regardant ses trois filles, Mathilde, 10 ans, Alice, 7 ans et Florence, 6 ans.

Au total, les préparatifs financiers et logistiques se sont échelonnés sur plus d'un an et demi. Cours d'espagnol, visa et vaccins, plus les semaines passaient et plus leur rêve prenait forme.

«L'objectif du voyage était de donner une année de notre temps pour redonner aux autres. On a la chance d'habiter le Québec et on voulait aider les autres», indique la mère.

Après de longues recherches infructueuses, le couple a entendu parler des Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception. «Elles nous ont offert un projet clé en main», s'exclame Stéphan Marier.

En échange de leur temps, majoritairement consacré à l'enseignement dans un pensionnat, Stéphan, Marie-Hélène et leurs trois filles étaient logés et nourris. «J'ai enseigné, mais j'ai également été boulangère pour les 90 femmes pensionnaires. Je devais cuisiner 800 pains, deux fois par semaine», mentionne-t-elle, en soulignant le bon appétit des Boliviennes.

Le domaine sur lequel les Lavallois vivaient abritait une école de niveau primaire et secondaire, principalement fréquentée par les femmes des campagnes, âgées de 16 à 30 ans.

Le défi de la langue

Les enfants de Marie-Hélène se sont rapidement adaptés à leurs nouvelles conditions en dépit du calendrier scolaire qui n'était pas le même qu'au Québec.

«Les filles ont commencé les cours en juillet, soit en plein milieu de l'année solaire pour la Bolivie. Là-bas, les congés d'été sont en décembre», explique la mère de famille. Ne connaissant pas un mot d'espagnol, les petites ont dû redoubler d'efforts pour s'ajuster au niveau de leurs camarades. «C'était plus difficile pour Florence. Elle commençait sa première année d’école, alors c'était beaucoup de chocs en même temps», soutient son père.

Au début du mois de décembre, la barrière du langage était déjà franchie pour les trois jeunes filles. «C'est en décembre qu'elles ont commencé à jouer ensemble en espagnol. Elles continuent de le faire même au Québec. Ça prouve qu'elles ont vraiment assimilé la langue», atteste Marie-Hélène.

Ce qui, au départ, effrayait le couple était la sécurité de leurs enfants dans un pays plus démuni. «Il n'est arrivé qu'un incident. La première fois qu'on a pris le transport en commun, on a tenté de nous voler nos sacs. C'est le seul moment où on s'est un peu découragés, mais il n'a jamais été question d'abandonner», assure Stéphan.

Malgré les vaccins, tous les membres de la famille ont dû prendre des antibiotiques pendant le voyage. «Après trois mois sans être malade, on faisait moins attention. On a eu des parasites à cause de notre alimentation», explique la mère, en assurant que la médication les a rapidement remis sur pied.

Soirées G.O

Selon le clan Marier-Beaulac. «le coût de la vie est ridicule en Bolive», du moins, pour des Canadiens. Le couple s'est donc permis d'investir dans le bien-être des femmes du pensionnat. «Le jour, nous étions professeurs, mais le soir on se transformait en G.O», s'exclame Marie-Hélène, en riant. Ils enseignaient la guitare, présentaient des films et animaient des danses le dimanche.

«Les étudiants avaient peu de moyens, alors on cherchait des activités gratuites», explique Stéphan. Le couple défrayait tout de même pour le transport lorsque la troupe devait se déplacer.

Dans des cas extrêmes, ils accompagnaient également des femmes chez le dentiste et assumaient le coût des soins ou ils achetaient des sandales à celles qui ne pouvaient s'en payer.

«On a donné beaucoup, mais au final, c'est nous qui avons le plus reçu», soutient Marie-Hélène avec émotion.

Vivre la différence

«Je ne peux pas dire l'impact que notre voyage aura sur la vie de nos filles, mais c'est sûr qu'elles ont beaucoup grandi là-bas, affirme leur mère. Devant la pauvreté, qui est partout en Bolivie, elles posaient des questions, mais jamais elles ont refusé de jouer avec un enfant.»

Selon Stéphan, les petites étaient respectueuses et ne jugeaient jamais. «Elles ont vu ce que c'était que d'être différent. Mes filles sont blondes et là-bas 99,9 % des gens ont la peau foncée et les cheveux noirs, alors elles se faisaient souvent dévisager», dit-il

À peine revenu depuis quelques semaines, le couple pense déjà à son prochain voyage en Bolivie. «C'est certain que nous allons y retourner. On espère s'y rendre en juillet prochain pour avoir la chance de revoir nos étudiantes», indique Marie-Hélène, rêveuse.

Le couple conseille aux familles qui désirent vivre une expérience semblable de le faire lorsque les enfants sont jeunes. «À 6, 7 et 10 ans, c'est parfait. Elles veulent passer du temps en famille. On connait un couple qui a fait la même chose avec des ados et c'était moins drôle», lance le père, mi-amusé.

Organisations: école de niveau primaire

Lieux géographiques: Bolivie, Québec, Quartier Pont-Viau Cochabamba La Paz Bolive

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