Vendu au printemps à un promoteur immobilier du quartier Sainte-Dorothée, ce terrain classé parmi les 10 meilleurs parcs de véhicules récréatifs en Amérique du Nord jouera son avenir mercredi prochain, 5 août. À l'occasion d'une assemblée de consultation publique, l'administration municipale y présentera notamment un projet de règlement visant à convertir le site en un futur développement domiciliaire. «On devrait être nombreux», prévient Jacques Bertrand, un résident du Parc Mont-Laval depuis dix ans qui s'objecte énergiquement au changement de zonage.
RésolusDeux réunions de mobilisation tenues à la fin juillet ont réuni coup sur coup 110 et 80 personnes, «que des résidents du parc», précise-t-il. Semblerait que le sentiment des locataires saisonniers ait bien changé depuis la rencontre avec le nouveau propriétaire des lieux, à la fin du mois de mai.
Rappelons qu'à la suite de cette rencontre, le président de Maisons Charplex, Sylvain Chartrand, avait déclaré au Courrier Laval que «les gens étaient inquiets au départ, mais ils ont vite été soulagés», après les avoir rassurés qu'ils pourraient profiter du site jusqu'à l'automne 2011.
Jacques Bertrand, alors l'un des rares à manifester ouvertement sa désapprobation quant à l'éventuelle disparition du camping, évoque aujourd'hui «la crainte des campeurs de voir le parc fermer plus tôt que prévu», pour tenter d'expliquer leur silence face au propriétaire.
Pour ajouter du poids à ses revendications, un groupe de locataires fait depuis peu circuler une pétition tant auprès des campeurs que des résidents habitant le secteur avoisinant, pétition qu'il entend déposer mercredi prochain lors de la consultation publique.
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«Les gens qui veulent protéger ce patrimoine peuvent également signer notre pétition en ligne», indique M. Bertrand.
Quatre jours après sa mise en ligne, la pétition électronique «Sauvons le Parc Mont-Laval» comptait déjà 235 signatures et plusieurs commentaires.
Parmi ceux-ci, Jocelyne Caron, de Québec, est d'avis que «nos politiciens devraient y passer quelques jours avant de prendre la décision de détruire cet oasis».
«Il ne doit pas être sacrifié aux diktats du développement immobilier», tranche pour sa part Pierre Rosa, un résident de Hudson, en Montérégie.
L'éventuelle reconversion du Parc Mont-Laval a des échos jusqu'en France, où Christian Reale, de Graveson, écrit: «Stop au bétonnage et à la spéculation».
De la Belgique, Jean Verbaeys, qui conserve un doux souvenir de son séjour dans ce parc lavallois, lui donne la réplique en ces termes: «À l'heure où, enfin, les habitants de cette planète se décident à laisser un héritage à leur descendance qui soit autre que des hordes de bâtiments producteurs de gaz à effet de serre, il serait incompréhensible que les autorités de cette belle région succombent aux sirènes (très) argentées des promoteurs immobiliers».
