Après avoir formulé son appui à une deuxième mouture du projet du Parc Mont-Laval, Mme Garceau est revenue au micro, pour faire cette mise en garde. «Donnez-nous votre nom [pour devenir membres de l’Association] et on sera plus nombreux pour faire la surveillance», a-t-elle ajouté en s’adressant aux nombreux citoyens de Sainte-Dorothée dans la salle.
Décision réfléchieLa décision de l’APBSD d’appuyer formellement le projet de Maisons Charplexe ne s’est pas faite de façon irréfléchie, estime Carole Garceau.
«On a vérifié si nos règlements généraux nous permettaient de l’appuyer. Des discussions ont eu lieu jusqu’en janvier. On a pris quelques semaines de plus pour établir de quelle façon l’appuyer.»
C’est finalement via une lettre acheminée au cabinet du maire de Laval, le 15 février, que l’APBSD a affiché ses couleurs.
Mais l’Association ne vend pas son âme au diable. «On va s’assurer que tout est respecté, souligne sa présidente. On va conserver notre vigilance, mais surtout notre indépendance et notre droit de réserve.»
Tout ce processus a été déclenché à la fin novembre 2009 par le président de Maisons Charplexe, Sylvain Chartrand. «Il est venu nous voir et nous a dit qu’il avait bonifié son projet en prenant en considération des éléments de notre mémoire.»
Le mémoire en question avait été rédigé par l’APBSD en prévision d’une consultation publique tenue le 5 août 2009. Ce soir-là, une vive opposition citoyenne à la première mouture du projet avait conduit à l’abandon, par la Ville, d’un projet de changement de zonage permettant de le réaliser.
Conservation et accessibilitéLe projet revisité présenté à l’Association en novembre présente «des engagements clairs» quant à la conservation de 3,1 M de pieds carrés (28,7 ha) de forêt et de friche en zone agricole, estime Carole Garceau. «On double la superficie publique du boisé.» La Ville est déjà propriétaire de 3 M de pieds carrés immédiatement à l’est du parc.
Le promoteur intègre par ailleurs un nouveau volet d’accès au boisé — un pavillon d’accueil et des sentiers piétonniers — qui séduit l’Association.
L’APBSD apprécie que l’aménagement du pavillon soit planifié en zone blanche, dans le projet de développement même. «Il y a un bâtiment déjà existant sur le terrain de camping, on pourrait l’utiliser, il contient tous les éléments», avance Sylvain Chartrand.
Il ne serait pas possible d’aménager un chalet d’accueil sur les terrains adjacents au Parc Mont-Laval, qui sont inclus dans la zone agricole permanente, explique Mme Garceau.
D’autres éléments du mémoire de l’Association ont été pris en compte, notamment le maintien du couvert végétal du site. Les arbres ayant un diamètre de 25 cm ou plus «seront déplacés grâce à une machinerie spéciale», a assuré le promoteur, le 18 mars.
Le ruisseau et l’étang présents sur le site seront préservés. À ce titre, l’APBSD recommandait au promoteur d’être à l’avant-garde: «La littérature scientifique recommande de plus en plus des bandes riveraines allant jusqu’à 40 m», notait-elle dans son mémoire.
Maisons Charplexe se contente de maintenir 15 m, soit grosso modo le minimum requis en vertu de la politique québécoise de protection des rives, du littoral et des plaines inondables.
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