Le silence était roi dans le gymnase du collège Letendre, malgré la présence des quelque 300 élèves de première secondaire. La raison était de taille: ceux-ci écoutaient religieusement le parcours de Danny Desriveaux des Alouettes venu leur rendre visite. Originaire de Laval-des-Rapides, le receveur de passe a mis son uniforme de football de côté et enfilé celui de conférencier. Il a expliqué le parcours qui l'a mené jusqu'à la Ligue canadienne de football (LCF). Le Lavallois a invité les jeunes à réfléchir aux conséquences de leur choix dans la vie. Il a expliqué l’importance de garder en tête ses objectifs, à court et à long terme et, surtout, de se trouver des moyens pour les atteindre. «Selon notre but à atteindre, il faut prendre des décisions pour y arriver. Je n’aurais jamais réalisé mon rêve de jouer pour les Alouettes si je n’avais pas pris la décision, à 15 ans, de débuter le football. Mon but était de devenir joueur professionnel et lorsqu'on veut quelque chose, toutes nos décisions doivent être faites en conséquence de cet objectif. Soyez proactifs, demandez conseil à des personnes compétentes. Il est possible de faire des erreurs, mais il est important de croire en soi», lance-t-il. «Vous avez tous du potentiel, vous pouvez tous accomplir de grandes choses. Moi aussi, j’ai fréquenté les parcs, écoles, arénas et patinoires du quartier Laval-des-Rapides. On s’en fou d’où vous venez! Tout est possible», poursuit-il.
Bourse d'étudesDesriveaux a parlé de sa bourse d'études pour aller étudier aux États-Unis (Connecticut et Virginie), de l'importance des études et de ne pas abandonner. «Dans la vie, il arrive des choses qu'on ne peut pas contrôler.Trouvez-vous une passion, essayez plusieurs choses, gardez l’esprit ouvert. Les sacrifices sont faciles à faire lorsqu’on a une passion, et ce, dans tous les domaines. Faites-vous confiance.» La rencontre s'est terminée par une période de questions. Très curieux, les élèves ont voulu en savoir un peu plus. Quel est ton athlète préféré? Faut-il avoir des muscles pour jouer au football? Y aura-t-il un jour une femme entraîneure? Comment avez-vous fait pour gagner le match de la Coupe Grey ? Vous aviez l'air d'une équipe qui allait perdre", lance l'un des jeunes. La réponse de Desriveaux peut être clichée, mais elle résume bien la rencontre. «On n'a jamais abandonné. On a toujours cru en nous.» Mentionnons que cette visite du joueur des Alouettes était une initiative de Kim Brodner, animatrice volet sportif au collège Letendre. Elle s'inscrivait dans le cadre du programme «Adoptez un Alouette».
Depuis 1998Ce programme a été créé en 1998 afin de contrer le décrochage scolaire qui touche de nombreuses écoles du Québec, autant anglophones que francophones. Un joueur des Alouettes est ainsi jumelé à chacune des écoles inscrites au Québec. L'initiative rejoint annuellement près de 60 000 jeunes, plus particulièrement les élèves de la première à la troisième secondaire.
«L'idée derrière ce programme est de sensibiliser les jeunes à poursuivre leur cheminement scolaire. Moi, c'est le football qui a servi de motivation pour graduer à l'école», reconnaît celui qui a fait des études universitaires, ce qui lui permet aujourd'hui de se garder une porte ouverte au terme de sa carrière de joueur professionnel. «Il ne faut pas mettre tous nos œufs dans le même panier. C'est important de se garder au moins deux options», termine-t-il.
Une autre saisonDesriveaux a terminé sa troisième campagne avec les Alouettes en 2009. Il ne lui reste plus qu’une seule année à son contrat avec la formation montréalaise. Il sait qu’il devra connaître une excellente saison pour signer un nouveau contrat.




