Plus de 700 militants péquistes s'étaient rassemblés le samedi 11 août à l'école Mont-de-La Salle, dans Laval-des-Rapides, afin d'écouter les discours mobilisateurs du candidat vedette, Léo Bureau-Blouin, et de sa chef, Pauline Marois.
Des citoyens de tous les âges, membres ou non du Parti Québécois, étaient venus écouter la première allocution officielle du candidat local.
Catherine Brault, 20 ans, a entendu parler du rassemblement par son professeur de politique. Malgré sa présence, elle se dit encore indécise quant au choix qu'elle fera aux urnes le 4 septembre. «Je ne suis pas membre du Parti québécois. Je viens m'informer sur les candidats et sur leurs propositions. Si j'avais habité à Laval-des-Rapides, j'aurais voté pour Léo, car il a beaucoup de charisme», indique-t-elle.
Pour la quinquagénaire, Marie Denis, l'important était d'encourager les jeunes dans leur «éveil social». «Nous vivons un moment historique. Il y a tellement de jeunes engagés. À leur âge, je ne m'impliquais pas comme ça. C'est sûr, il y a le phénomène Léo. Il permet une prise de conscience aux jeunes. Ce sont eux les citoyens de demain», lance cette mère de deux garçons dans la vingtaine.
Le phénomène Léo
Les festivités ont débuté avec la prestation de David Marin, un artiste de la région. «Je suis un électeur de Laval-des-Rapides qui va mener Léo Bureau-Blouin à l'Assemblée nationale», a-t-il lancé en guise d'introduction, sous l'acclamation de la foule.
Le candidat vedette a fait son apparition à la suite de la performance de l'artiste, alors que le public scandait son nom. Il a entamé son discours en affirmant qu'il faisait une campagne « de valeur, de passion et de conviction». Il a parlé d'alliance des générations, d'entraide et de solidarité.
«Je vois des gens qui font le choix de descendre dans les rues, d'écouter les jeunes et de s'ouvrir à l'avenir pour qu'on cesse de diviser les générations», a-t-il lancé.
«On veut un pays, on veut un pays», a alors crié la foule.
Le jeune candidat a, bien sûr, abordé le thème de l'éducation. Il a assuré que le 4 septembre, c'était plus qu'un X sur un papier. «C'est l'occasion de choisir une éducation abordable. C'est le 4 septembre que la fatigue collective se transforme en espoir», a-t-il crié croulant sous les applaudissements.
Marois pointe ses adversaires du doigt
Le discours de Léo Bureau-Blouin a été suivi d'une prestation de danseurs de rue. Plusieurs candidats ont ensuite monté sur scène alors qu'une vidéo sur la vie de Pauline Marois était projetée sur un écran géant. Après quoi, la chef du Parti québécois a fait son apparition sur la chanson thème de sa campagne «À nous de choisir».
Devant ses militants, la leader du parti a réitéré sa position dans le conflit étudiant. «Je veux que ce soit clair, dès notre entrée en fonction, un gouvernement du Parti québécois annulera la hausse des droits de scolarité. Et le premier geste qu'on va poser comme gouvernement à l'Assemblée nationale, le tout premier geste sera d'annuler la loi 78», a-t-elle dit d'entrée de jeu.
Elle a également prétendu vouloir «se libérer une fois pour toutes de la politique québécoise sous l'influence de l'argent». Pour ce faire, elle compte instaurer des élections à date fixe. Une idée qui a semblé faire le bonheur des partisans.
Pauline Marois a parlé de charte de laïcité, de places en CPE, de la langue française, mais elle a mis l’accent sur la souveraineté.
«Moi, je ne vais pas piétiner mes convictions pour aller chercher une poignée de votes. J'ai choisi mon camp. C'est celui de mon pays», a-t-elle dit.
Elle a d'ailleurs pointé du doigt le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qu'elle accuse de changer souvent d'idée. «Vous savez, à la CAQ, ils prétendent faire le ménage. Ils font toutes sortes de promesses à coups de milliards comme si l'argent poussait dans les arbres. Quand on demande à M. Legault où il va trouver l'argent, il nous répond "croyez-moi". Il est passé de "on verra" à "croyez-moi". Il nous demande de le croire sur parole. Imaginez», a-t-elle martelé.
Pauline Marois a terminé son discours en soulignant l'initiative des jeunes. Un sujet applaudi par ce public particulièrement juvénile.

