Au chapitre des indicateurs du marché du travail, poursuit l’économiste, la ville de Québec fait beaucoup mieux que Montréal, ce qui n’est «pas normal».
Dernier de classeContrairement aux autres grandes agglomérations, le Montréal métro manque cruellement à son rôle de moteur du développement économique, martèle-t-il, rappelant que le taux de chômage y est plus élevé qu’à l’échelle de la province.
«Le seul endroit au Canada et un des rares endroits en Amérique du Nord», où la grande agglomération freine le développement de l’État.
Il en donne pour preuve la région métropolitaine de Montréal qui, depuis dix ans, croupit au fond du classement des 30 métropoles nord-américaines de plus de 2 millions de personnes au chapitre du produit intérieur brut par habitant.
«Aucun club de la Ligue nationale de hockey n’a passé autant de temps dans la cave», se moque le conférencier, qui reproche au gouvernement provincial de fermer les yeux sur la contre-productivité de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qu’il a lui-même créée en 2001.
Marcel Côté juge sévèrement l’immobilisme de cette instance suprarégionale.
«Neuf ans après la création de cet organisme, dont l’un des objectifs était de plancher sur un plan [métropolitain] d'aménagement, la région est toujours sans plan d’aménagement».
Il dénonce aussi le manque de cohésion et d’organisation à l’intérieur de ce territoire de 4 300 kilomètres carrés où vivent 3,6 millions de personnes.
«La région comporte 101 maires, ce qui amène des conflits et des complications inutiles», lance-t-il, précisant toutefois que Laval n’y est pour rien. «Vous en avez juste un, mais vous ne changez pas souvent», ajoute-t-il à la blague.
Parlant de Laval, l’influent économiste mentionne au passage que le milieu est bien organisé, référant au fait qu’il s’agisse à la fois d’une île, d’une ville, d’une municipalité régionale de comté et d’une région administrative. «Laval a un CLD [Centre local de développement]; Montréal en a 21», donne-t-il pour exemple.
Reste que Laval appartient à la région de Montréal. «Sur la mappemonde, il y a un seul point et c’est celui de Montréal. C’est comme ça».
Expert-conseil auprès de la haute direction de sociétés canadiennes d'envergure, celui qui fut également conseiller économique au premier ministre québécois dans la seconde moitié des années 80 soulève également le problème de l’immigration.
«Montréal accueille deux fois moins d’immigrants que Toronto et Vancouver. Il y a un problème réel d’intégration des immigrants», déplore Marcel Côté, étayant son affirmation par le taux de chômage particulièrement élevé qui frappe ces travailleurs venus de l’étranger.
Idem pour la sous-scolarisation des 25-64 ans de la région métropolitaine de Montréal : les 14 % qui sont sans diplôme secondaire excèdent ceux de Toronto (12 %) et de Vancouver (10 %). Quant aux diplômés universitaires, ils sont au prorata moins nombreux qu’à Toronto et à Vancouver. «Ce n’est pas la faute des Anglais; on est mal organisé».
Toujours selon M. Côté, le haut niveau de syndicalisation au Québec ajouterait à la difficulté de la relance de la productivité. «La flexibilité au travail est un grand enjeu; il faut revoir le syndicalisme au profit de la productivité et s’assurer que l’entreprise soit rentable».
Enfin, une des pistes de solution envisagées pour profiter de la relance économique consiste à «s’ouvrir sur le monde, à être fiers» et à exploiter le fait que «le taux de bilinguisme au Québec soit parmi les plus élevés au monde».




