Le produit idéal est «nécessaire; durable; réutilisable; recyclable ou compostable; facilement réparable; doit utiliser des ressources renouvelables, ainsi que le moins de matière et d'énergie possible lors de sa production; doit occasionner le moins de rejets possible lors de la production, l'utilisation et la disposition et avoir le moins d'impact possible, lors de sa disposition ou de son entreposage», note Karel Ménard, du Front commun pour une gestion écologique des déchets.
Moins durablesOn est loin de la réalité. Mais le consommateur ne doit pas faire face seul au problème, insiste M. Ménard. Il donne l'exemple de l'Europe, où les fabricants de voitures sont responsables du recyclage, à la fin de la vie utile de leurs véhicules. «Ils s'arrangent pour qu'ils contiennent plus de matières recyclables. Ça les responsabilise.»
Au chapitre de la durabilité, les producteurs sont également à blâmer, pour un cycle de vie des biens réduit au minimum. Le phénomène est reconnu sous le nom «d'obsolescence planifiée», explique Karel Ménard. «Une vielle laveuse Inglis ou General Electric durait 25 ans. En remplaçant la courroie ou la pompe, elle faisait dix ans de plus. Maintenant, les nouvelles laveuses durent entre quatre et six ans», dit Jean Messier, récupérateur depuis 15 ans.
Cycle de vieAu lendemain de la consultation publique sur la gestion des matières résiduelles au Québec, c'est en fait tout le cycle de vie d'un objet que l'on doit prendre en compte, avant même de le produire.
Entre l'extraction de la bauxite en Afrique et la production d'aluminium au Québec, des ressources et de l'énergie ont été utilisées. Sans compter les impacts environnementaux et sociaux, illustre M. Ménard.
Pour en tenir compte, dit-il, on fait l'analyse du cycle de vie du produit final. Et il faut que le prix reflète cette chaîne d'événements. «La petite lampe de poche avec pile au mercure vendue à 1$ coûte 5$ à la société, pour traiter le mercure.» (N.V.)
