«Dites-vous qu'il y a 20 ans, j'étais assis à votre place, et que pas grand-chose ne s'est passé depuis», a dit d'emblée Karel Mayrand, invité par le collège dans le cadre de la Quinzaine des sciences, qui s'achevait mardi. «À l'automne 1988, il y a 20 ans, au Canada, les conservateurs étaient en élections, l'environnement était l'enjeu numéro un, le rapport Bruntland [qui définissait la notion de développement durable] venait de sortir… Mais le libre-échange a pris le pas sur l'environnement. «Vingt ans plus tard, c'est la même chose, la crise financière a pris le dessus sur l'environnement, lors de la campagne électorale fédérale.»
CatastrophePendant plus d'une heure, les jeunes ont été bombardés de statistiques et d'images éloquentes, dans une présentation rythmée, compacte et percutante.
Les courbes d'émission de CO
Il ne faut plus anticiper la catastrophe future comme nous le faisions il y a 20 ans, souligne le conférencier. «C'est notre génération qui est frappée.»
«Est-ce qu'il coûte plus cher d'attendre? On a passé les 10 dernières années à se battre contre ceux qui réfutaient [l'hypothèse du réchauffement climatique causé par l'humain]. Les gouvernements vont bouger si les citoyens élèvent la voix.»
Une image résume toute la présentation, exposait à une étudiante Jacques Méthot, enseignant au programme de technologie de l'architecture, au terme de la présentation.
Une grenouille qui saute dans une marmite d'eau bouillante se brûle aussitôt, alors qu'elle peut rester longtemps dans une marmite d'eau qui se réchauffe graduellement.
«On peut faire comme la grenouille dans la marmite: sortir de cette salle, retourner chez soi, dormir et revenir au collège demain matin, comme d'habitude. Ce qu'on nous dit, c'est que ce n'est plus possible de faire ça», a résumé M. Méthot.
Encore abasourdis par la présentation, quelques étudiants ont accepté de livrer leurs impressions.
«J'aimerais faire quelque chose, mais j'aimerais que quelqu'un de plus vieux et de plus expérimenté nous aide, nous guide… Moi, je me sens perdue là-dedans», laisse tomber Maude Belec-Manseau.
«Il faudrait investir de l'argent à la bonne place. Par exemple, [les États-Unis] mettent 700 G$ pour la crise financière et rien pour sauver la Terre», décrie David Saint-Pierre.
«Il faut arrêter de s'en remettre aux gouvernements. Chaque personne doit faire sa part», souligne Jonathan Tremblay.
Karel Mayrand est un des Canadiens à avoir suivi, en avril 2008, la formation offerte par le prix Nobel de la paix et ancien vice-président américain, Al Gore, inspirée du documentaire Une vérité qui dérange, de David Guggenheim.
Le film, récipiendaire d'un Oscar en 2007, relate le parcours et l'engagement personnel d'Al Gore, afin de contrer l'effet de serre.
