On avait jusqu'à vendredi pour déposer un mémoire à la commission du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) mandatée pour examiner le projet de train Mascouche-Terrebonne-Repentigny/Montréal. L'horaire des présentations ne sera dévoilé que lundi ou mardi.
Quoique le processus suivi par la Commission soit démocratique dans ses fondements, un certain nombre de réponses formulées par le promoteur, lors de la première partie de l'audience, en décembre, laissaient entendre que le projet, déjà très avancé, ne serait pas modifié dans ses grandes lignes.
À un citoyen, Ronald Gadbois, qui a abordé la question du choix du tracé, un représentant de l'AMT a répondu à l'aide d'une grille d'analyse multi critères (voir autre texte: «Plus écologique, mais rejeté», page 3). Cette analyse a été qualifiée d'exhaustive, par Yves Phaneuf, analyste de l'équipe planification de l'AMT.
Peu d'espoir a été donné à un autre citoyen, Marc-Antoine Jussaume, qui a évoqué la possibilité d'inclure à court terme L'Assomption dans le projet. «Le projet sur lequel on travaille […] est quand même bien avancé et, si vous me permettez l’expression, est sur les rails en termes d’avancement de la conception», a noté Jean Hardy, directeur de projets AMT.
M. Hardy a invoqué le court délai — une mise en service d'ici la fin 2010 — et des négociations complexes avec le CN, qui transporte de la marchandise sur cette ligne, pour justifier le report de la desserte de L'Assomption.
Au moins deux mémoires qui seront présentés à la Commission questionneront le choix de l'AMT d'écarter le premier scénario envisagé, comprenant deux lignes de train: une passant par L'Assomption, l'autre par Laval.
Dans leur requête conjointe pour la tenue d'une audience publique, le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Lanaudière et le CRE de Laval s'interrogeaient sur l'élimination de ce tracé.
Le Parti vert du Québec, qui mettait la dernière main à son mémoire, à la fin de la semaine, compte également aborder la question.
Interviewé il y a un mois, le directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Lanaudière, Gilles Côté, exprimait des réserves quant au pouvoir de la commission du BAPE d'influencer le cours des choses.
«C'est la même chose que pour le pont de la 25. Le projet va se faire, mais on allume une petite lumière environnementale et on l'éteint ensuite. Le problème du BAPE, c'est qu'il n'a pas de pouvoir décisionnel.»
Même son de cloche de la part de Maude Delangis, ex-candidate du Parti vert dans la circonscription Mille-Îles, aux élections provinciales de décembre. Mme Delangis, une avocate d'Auteuil, avait élaboré un projet articulé autour d'une ligne de train de banlieue Mascouche-Laval/Montréal, dans le cadre de sa campagne.
Selon elle, les audiences du BAPE ne sont qu'«un mal nécessaire pour le gouvernement, afin de donner l'impression qu'il respecte la Loi sur l'environnement, mais qu'importe le résultat du BAPE, la décision du tracé est prise». Elle donne pour preuve les discussions déjà entreprises par l'AMT pour d'éventuelles cessions de terrain.
Mme Delangis rappelle elle aussi l'audience du BAPE sur le parachèvement de l'autoroute 25. «C'était de la désinformation publique. C'était clair que la décision était prise.»




