Le véhicule venait de recevoir la permission de passer à un barrage effectué par les forces afghanes quand le réserviste lavallois, en proie au doute en observant le véhicule, alerta ses supérieurs.
Son flair se révéla efficace puisqu’un interrogatoire en règle suivi d’une vérification permirent d’apprendre que l’homme était de connivence avec les talibans. Des traces d’explosifs furent aussi décelées dans le véhicule. La vigilance du jeune militaire de 23 ans, caporal du Royal 22e Régiment de Valcartier, a fait les manchettes nationales.
«Jean-François croit beaucoup à la mission canadienne là-bas. Il croit à son geste. Il participe à l’entraînement des forces afghanes», précise Jacques Belzil.
Le réserviste lavallois était en Afghanistan depuis trois semaines à peine. Mais ce qu’il y a de particulier dans son cas, c’est qu’il s’agit d’un retour au pays des talibans puisqu’il avait pris part à une première mission en 2007-2008. À deux reprises, le char d’assaut à bord duquel il avait pris place a sauté sur des bombes artisanales. Jean-François avait été gravement blessé. Dans une entrevue accordée au Courrier Laval à son retour, il s’était dit chanceux d’être encore en vie.
«On respecte son choix, dit M. Belzil. C’est un choix noble. Mais c’est certain que lorsqu’on voit son fils partir pour un pays aussi dangereux, on est stressé et inquiet. Mais, moi et ma femme, on appuie notre fils à 200%. C’est un gars déterminé et courageux.»
Quel moral avait Jean-François à son retour au pays après avoir été victime de deux attentats? «Difficile à dire, car il nous est recommandé de ne pas trop interroger les soldats qui ont été sérieusement blessés», explique M. Belzil.
Aux dires de son père, le réserviste lavallois de 23 ans n’a rien d’un être taciturne et renfermé.
«Jean-François est un fonceur et un boute-en-train. C’est un gars d’équipe qui aime se sentir utile. Il est bourré d’énergie et ne lâche jamais, peu importe ce qu’il entreprend. Ses chums disent qu’un party sans Jean-François, c’est comme un dessert sans cerise.
«Déjà scout, il recevait des décorations régulièrement. Il a toujours été ambitieux. On dirait qu’il doit tout le temps se prouver qu’il est capable de faire un tas de choses. Jeune, quand il voulait trouver des camps pour l’été, il parcourait les pages jaunes, faisait son choix et on allait le conduire. Une fois arrivé, il nous regardait en disant: «Qu’est-ce que vous attendez! Vous pouvez partir, je vais me débrouiller!»
Seul Jean-François a opté pour une carrière militaire au sein de la famille Belzil.
