Fondé en 2002, cet organisme voué à la défense des personnes âgées a ouvert, en six ans, pas moins de 1350 dossiers en lien avec des cas d'abus de toutes sortes. Les problèmes liés au logement, à la violence physique et psychologique ne sont pas négligeables, mais les cas d'abus de confiance de nature financière constituent 40% des dossiers portés à l'attention de l'organisme, explique son fondateur Gilles Fournier.
Des lignes rougesDIRA-Laval est actuellement débordé de 4000 appels téléphoniques par année et d'une moyenne de 1,5 demande d'aide par jour.
«Ce site d'information permettra aux aînés de trouver par eux-mêmes des solutions à leurs problèmes, mais le service d'assistance téléphonique [450 681-8813] demeure toujours disponible», a indiqué M. Fournier, faisant valoir que l'accompagnement était la pierre d'assise de son organisation.
Fruit de 15 mois de travail et de développement, ce centre virtuel est un véritable carrefour d'information chapeautant une trentaine d'onglets, près de 200 sous-rubriques et plus de 600 articles et textes. «Il s'agit d'un système de solutions d'intégration verticale», a imagé le président de DIRA-Laval. On y trouve, en effet, une mine d'information qui déborde largement des ressources traitant des cas d'abus, de violence et de négligence. L'habitation, la recherche d'emploi, la formation, l'entraide et le maintien à domicile, le soutien à la famille et aux proches, la relation d'aide, l'accompagnement spirituel, l'assistance matérielle et les activités sociales, culturelles, sportives et récréatives ne sont que quelques-uns des domaines visités.
Récipiendaire du Prix de la justice du Québec 2008, qu'on lui remettait en février dernier, Gilles Fournier a, sans le vouloir, un peu volé la vedette au lancement de ce site Web, vendredi matin, à l'hôtel de ville.
En effet, la Médaille de l'Assemblée nationale lui a été présentée par la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, alors que le maire Gilles Vaillancourt faisait de même avec la Médaille du conseil municipal. Reste que le héros de la journée a préféré rediriger les réflecteurs vers les nombreux bénévoles présents à la conférence de presse, à qui il a d'ailleurs demandé de se lever. Tous ont été salués par une salve d'applaudissements bien sentis.
Mémoire corporativeUn autre projet d'envergure qui prendra vie sur la grande Toile devrait être accessible au pouvoir gris vers la fin 2009, a laissé entendre le vice-président de DIRA-Laval, Paul Leclerc.
On parle ici d'une banque de données informatisées en abus et violence envers les aînés, ce qui constitue en fait «la mémoire collective» de cet organisme phare au Québec.
Aucun autre organisme au Québec n'a traité autant de cas d'assistance et d'accompagnement auprès de cette clientèle âgée. DIRA-Laval est à répertorier la partie transmissible de ses expertises qui sera éventuellement accessible par Internet aux bénévoles qui interviennent dans la lutte contre les abus, la maltraitance et la violence dont les aînés sont victimes.
Responsable du dossier des aînés à Laval, la conseillère Jocelyne Guertin a salué le travail de DIRA, soulignant que «sa notoriété dépassait les frontières» de l'île Jésus. Incidemment, un premier rejeton vient de voir le jour en Montérégie, alors que quatre autres régions s'intéressent à sa structure. La raison d'être de cet organisme est d'autant plus cruciale qu'une personne âgée sur quatre à Laval vit seule, a-t-elle mentionné.
