Une cinquantaine de personnes ont tenu une minute de silence en souvenir des 14 jeunes femmes qui ont été assassinées parce qu’elles étaient des femmes, avant de voir défiler les images du réalisateur Denis Villeneuve.
En ouverture, la coordonnatrice de la TCLCF, Marie-Ève Surprenant, s'est souvenue des événements. «J'avais 11 ans. Un an plus tard, une amie et moi avions traversé le cimetière du quartier. Cette amie m'a montré une tombe en me disant que c'était une fille tuée à Polytechnique, un nom était inscrit : Geneviève (Bergeron). Elle habitait derrière chez moi. La société québécoise a beaucoup souffert de ce qui s'est passé le 6 décembre. Encore aujourd'hui, les femmes savent qu'il n'y a aucun lieu où elles peuvent être à l'abri de la violence. Pas même à l'école.»
La TCLCF juge qu'une activité telle la projection du 8 décembre est un exercice de mémoire nécessaire pour se souvenir de ces 14 étudiantes, de cette violence et que cette tuerie était un acte qui montrait l'ampleur de la résistance au féminisme.
Jenny Godmer et Chantal Arseneault, intervenantes respectivement des maisons d'hébergement de Lina et L'Esther, ont animé une discussion après la projection, qui s'est entamée dans le silence et le recueillement. Précédemment, Jenny Godmer avait recommandé aux gens de ne pas s'empêcher de quitter la salle, s'ils jugeaient les images trop bouleversantes.
À plusieurs reprises, les femmes ont exprimé la tristesse, la colère et la peur qui les ont ébranlées lors du visionnement du film. On a entre autres exprimé la colère envers les courants sexistes et misogynes, qui ont motivé ce geste meurtrier et qui, encore aujourd’hui, résistent aux avancées des femmes et s’opposent à l’égalité des sexes dans toutes les sphères de notre société.
L’auditoire a aussi fait appel à la solidarité de la société, des hommes et des femmes, pour éliminer la misogynie et l’antiféminisme. «Malgré tout ça, collectivement, nous en sommes sortis plus forts», d'affirmer Chantal Arseneault.
Lors de l’activité, la TCLCF a souligné la nécessité de maintenir le registre des armes à feu et a fait circuler une pétition à cet effet. Les participantes et les participants ont été invités à se mobiliser pour exiger de leurs députés fédéraux, ainsi que des chefs des partis d’opposition, le retrait du projet de loi C-391, qui menace d’abolir le registre des armes à feu, un outil important contre la violence à l’égard des femmes.




