Cette visite, qui a eu lieu le 17 mai, se déroulait dans le cadre d’une tournée du président et des vice-présidents de l’Assemblée nationale dans les écoles du Québec. En plus de démystifier le rôle de ceux qui arbitrent les travaux parlementaires, le représentant libéral de Westmount-Saint-Louis a décrit le travail de député.
Celui qui a été élu commissaire à 22 ans, avant de devenir président d’une commission scolaire à 25 ans, leur a fait remarquer que l’engagement ne signifie pas nécessairement un saut en politique active. «On peut aussi faire de la politique à travers un organisme qui défend l’environnement ou en faisant du syndicalisme», a–t-il dit.
Dans le contexte actuel, il n’était pas étonnant que les adolescents demandent à M. Chagnon si les «scandales politiques allaient enlever le goût aux jeunes d’aller voter». Celui qui siège à Québec depuis près de 25 ans a admis que le contexte crée une dynamique de suspicion et de cynisme dans la population. Il a admis que ce climat est difficile pour les hommes et les femmes politiques.
«On est comme des adolescents, a pour sa part comparé la députée de Mille-Îles, Francine Charbonneau, qui assistait à la rencontre. Quand quelqu’un de votre âge pose un geste disgracieux, les adultes jugent tous les adolescents. C’est la même chose pour les politiciens, on généralise.»
Jacques Chagnon a insisté sur l’importance d’exercer son droit de vote. Il a incité les élèves à développer leur sens critique et à tirer leurs propres conclusions sur les candidats.
Les élèves se sont également intéressés à la partie la plus médiatisée des travaux parlementaires, la période de questions. Une adolescente a demandé à Jacques Chagnon s’il est «compliqué» de gérer cette joute oratoire. «Ça dépend des jours», a-t-il admis.
Au sujet de la période de questions qu’il a présidée au lendemain de la sortie de l’ancien ministre de la Justice, Marc Bellemare, sur le processus de nomination des juges, il dit: «C’était du sport.» Il a ajouté: «Quand l’actualité grouille, c’est sûr que l’Assemblée nationale va en être le parfait reflet.»
De façon générale, Jacques Chagnon estime que les députés font preuve de contrôle puisque les expulsions sont rares. «Il y a des parlements pire que nous», dit-il en notant qu’au Japon les parlementaires se lancent des souliers et qu’en Israël, les députés en viennent pratiquement aux poings.
En entrevue après la rencontre, M. Chagnon confie que c’est l’éventualité d’un gouvernement minoritaire qui l’a amené à briguer un poste à la vice-présidence, en 2007.
«C’était l’âge d’or du parlementarisme, décrit-il. C’était un moment de pure jouissance parce que le pouvoir exécutif ne pouvait pas passer outre les parlementaires.»
De façon plus générale, il insiste sur l’importance que doivent avoir les élus. Au fil des années, il a constaté qu’un gouvernement majoritaire fort entraîne une centralisation des pouvoirs au sein de l’exécutif.
