«Au départ, il s’agit d’une politique, non d’une réglementation, fait remarquer Carole Garceau, biologiste et membre de l’Association. Et le propre d’une politique est de donner de grandes orientations. Le fait d’en avoir une est déjà une nette amélioration car on n’en avait pas.
«L’Association est très contente de voir que le bois Sainte-Dorothée a été retenu. La totalité de la forêt s’y retrouve. Maintenant, on sait où on s’en va. Mais pour être honnête, on s’y attendait. Le contraire nous aurait jetés à terre! Donc, il n’y a pas de surprise pour nous.»
Elle a apprécié que la Ville se soit engagée à concilier les intérêts de l’agriculteur, du citoyen et de l’écologiste. «On parle d’un développement multifonctionnel et c’est un discours qui recoupe le nôtre», précise-t-elle.
Par contre, elle apporte un bémol. «La politique est abstraite. La question qui reste en suspens est: Qu’est-ce qu’on va construire dans ces zones? J’ai hâte de voir comment cette politique va s’arrimer à la réalité. Personnellement, je n’avais pas d’attente, mais comme citoyenne, j’avoue que j’aurais aimé en savoir un peu plus. Je présume, je dis bien je présume, qu’il doit exister une version plus détaillée de la politique dans les bureaux de la Ville.»
On devine à travers les paroles de Mme Garceau qu’elle n’en ressent pas une déception profonde. «Remarquez que ce n’est pas propre à Laval, dit-elle. J’ai consulté les politiques de Longueuil et de Montréal et c’est presque aussi imprécis.»
Elle ose espérer que le cadre de gestion qui s’en vient sera transparent. «Je donne toujours la chance au coureur, dit-elle. Mais il faut faire vite! Faut pas attendre 4 ans!»
Mme Garceau a rendu hommage aux agriculteurs. «Ce sont eux qui ont permis aux citoyens d’aujourd’hui de profiter du bois Sainte-Dorothée. Donc, on ne veut pas nuire aux agriculteurs. Et il ne faut pas oublier que ce n’est pas la Ville qui a le dernier mot, parce que nous sommes situés dans une zone agricole.»
L’an dernier, l’Association avait innové en aménageant un sentier de raquettes sur une longueur de près de quatre kilomètres. Un nombre de 300 sportifs avaient emprunté le sentier sur une période d’un mois. Cette année, c’est la folie furieuse!
«Nous avons enregistré, jusqu’à maintenant, 4000 utilisateurs depuis le début de l’hiver. Les fins de semaine, il m’arrive de croiser jusqu’à 25 à 30 personnes», commente Chantal Labelle, horticultrice de formation et directrice de l’Association.
Elle explique cet engouement par la proximité du bois. «Les gens n’ont pas besoin de prendre l’auto. Ils gagnent donc du temps. Ils peuvent se déplacer autant qu’ils le veulent pour une heure de marche. Nous sommes très contents et la Ville nous appuie jusqu’au bout dans ce projet. Nous sommes maintenant en position pour négocier d’autres droits de passage et éventuellement agrandir le sentier.»
