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Rouler sans pétrole d’ici 2035, est-ce possible?

Rouler sans pétrole d’ici 2035, est-ce possible?

Rouler sans pétrole d’ici 2035, est-ce possible?

Publié le 25 Août 2009
Publié le 19 Mai 2010

Une collaboration du Musée Armand-Frappier

Sujets :
Armand-Frappier , Musée Armand-Frappier

Dans un futur non lointain, plusieurs solutions de rechange au pétrole seront disponibles pour propulser nos voitures. Quelle technologie sera la meilleure: hydrogène, électricité ou biocarburants ? Le physicien Pierre Langlois a conduit une analyse comparative rigoureuse afin d’identifier celles qui sauront le mieux tenir la route. Voici un résumé de ses recherches que vous pourrez lire dans son livre «Rouler sans pétrole», publié en 2008 par les éditions MultiMondes.

L’hydrogène: un cul-de-sac énergétique et environnemental

Un moteur fonctionnant à l’hydrogène a pour seul déchet, à son lieu d’utilisation, de la vapeur d’eau. Est-ce une technologie durable? Absolument pas! Environ 96% de l’hydrogène est fabriqué à partir de carburants fossiles, tels que le gaz naturel et le pétrole. Il y a donc une quantité importante de CO2 générée à son lieu de production. On rétorquera qu’il est aussi possible d’obtenir de l’hydrogène par électrolyse de l’eau, ce qui émet moins de CO2. Cette dispendieuse alternative n’est moins polluante que lorsque des énergies renouvelables, telles que les énergies éolienne et hydroélectrique sont utilisées. De plus, faire le plein d’hydrogène requiert trois fois plus d’électricité que recharger une pile de voiture à motorisation électrique. Cette technologie gaspilleuse d’énergie devrait donc être mise au rancart.

Roulez branché… près de la maison

Ne comptez pas sur les moteurs entièrement électriques pour vos longues escapades. Il existe des piles permettant une autonomie de 500 kilomètres, mais ces dernières pèsent près de 1000 kilogrammes et sont excessivement dispendieuses. La propulsion entièrement électrique est présentement un choix intéressant pour une voiture vouée aux petits déplacements. Les technologies actuelles offrent des voitures avec une autonomie de 150 à 200 kilomètres et capables d’atteindre une vitesse de 140 km/h. La voiture Leaf de Nissan (http://www2.nissan-zeroemission.com/EN/) en est un exemple. Ce qui refroidira toutefois les ardeurs des consommateurs, c’est le coût encore très élevé de la batterie.

Les électrons et les biocarburants: hybridation parfaite

En intégrant un moteur électrique aux moteurs à carburant, il est possible d’utiliser 10 fois moins de carburant qu‘une voiture traditionnelle pour parcourir la même distance. Les véhicules hybrides coûtent environ 15 000$ de moins que les véhicules à motorisation uniquement électrique et ont l’avantage de pouvoir faire le plein partout. En plus de permettre la régénération de la pile par le freinage et la décélération, certains modèles de voitures hybrides peuvent être branchés à la maison. C’est le cas de la Volt de Chevrolet, capable de rouler uniquement à l’électricité pour les premiers 65 kilomètres d’un parcours avant de commencer à utiliser le carburant. Considérant que 75% de la population nord-américaine parcoure moins que 65 kilomètres par jour en voiture, cette solution peut convenir à plusieurs ! Circuler en majeure partie à l’électricité et n’avoir recours aux carburants que pour prolonger notre autonomie routière, telle est la voie d’engagement gagnante selon Pierre Langlois. Les curieux pourront en apprendre davantage sur le site web du physicien: www.planglois-pca.com.

Puisque le pétrole aura vite fait sa sortie de route vers 2035, des biocarburants efficaces et durables devront bientôt le remplacer. Une bonne partie des biocarburants pourra être obtenue à partir de déchets municipaux, de résidus forestiers ou autres déchets. La production d’éthanol cellulosique fabriqué avec des plants en entier (et non avec seulement des fruits comme l’éthanol disponible présentement) est une avenue prometteuse explorée à l’heure actuelle pour compléter les besoins nécessaires en carburants.

Même si les technologies scientifiques ont le potentiel de réduire notre dépendance au pétrole, il est aussi essentiel de changer nos habitudes de transport. Je vous invite à vous laisser conduire par l’autobus jusqu’au Musée Armand-Frappier pour y jouer au grand jeu J’embraye au vert. Vous y découvrirez une multitude de solutions pour réduire votre empreinte écologique reliée aux transports. Information: www.musee-afrappier.qc.ca Julie Potvin-Barakatt

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Pierre Hupin
    - 26 Mai 2010 à 09:11:42

    Merci pour cet article éclairant. Je savais que faire de l'hydrogène par électrolyse serait très gaspilleur, mais je retiens le rapport 3 joules pour un joule d'hydrogène. Pourra-t-on éviter de favoriser le transport en commun à Laval? Connaissez-vous la réussite de Curitiba en ce domaine?

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  • Nom de l\'usager
    Julie Potvin-Barakatt
    - 26 Mai 2010 à 09:11:37

    Bonjour M. Hupin. Merci de m'avoir fait découvrir ce projet de transport urbain brésilien. Le prolongement du métro à Laval est un bon exemple des efforts de la ville pour favoriser le transport en commun. Le mouvement semble bien amorcé !

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