Selon une étude, Laval ne comptait, en 2006, que 85 omnipraticiens pour 100 000 habitants. Côté lits, on en dénombrait seulement 113. Ces chiffres contrastent avec la moyenne provinciale qui est de 101 médecins et 198 lits pour 100 000 habitants. «La médecine familiale est en crise partout au Québec, a expliqué le Dr Michel Breton, chef de la division régionale de médecine générale, qui a brossé un portrait de la situation sur l'île. Le nombre de médecins que nous avons à nous partager est restreint et ce n'est pas une bonne nouvelle», a-t-il confié, tout en questionnant le Plan régional des effectifs médicaux, qui détermine combien de médecins sont autorisés à pratiquer dans les régions. «C'est difficile de comprendre la simple équation entre le nombre d'habitants et ce que l'on a. Laval est nettement défavorisée.»
Médecins vieillissantsAutre statistique inquiétante: sur les 321 omnipraticiens à Laval, la moitié est âgée de plus de 50 ans et 33% de plus de 55 ans.
«Cette année, nous avons deux nouveaux enseignants en médecine familiale et quatre nouveaux facturants, alors que Montréal en a 57. Un médecin pratiquera à la Polyclinique Médicale Concorde, qui compte une douzaine de médecins âgés de plus de 56 ans, alors que les autres iront à la Cité de la Santé, au CLSC Sainte-Rose et au Médi Centre de Chomedey», a ajouté le Dr Breton.
Cliniques et hôpitalLa pétition sera distribuée dans les cliniques de la ville, ainsi qu'à la Cité de la Santé. Le délai pour la signer est relativement court, mais on veut bouger rapidement afin de la déposer avant la fin de la session parlementaire.
«On se donne jusqu'à la mi-mai, a souligné Laurent Guay, président de l'AQDR Laval. Il y a quelques années, nous avions fait une pétition de 3000 noms pour obtenir un centre d'hémodynamie et cette fois-ci, on espère avoir près de 10 000 signataires. Si nous réussissons, ce sera un gros poids politique.»
Une tournéeDans son allocution, le Dr Breton a aussi révélé que lui et un collègue s'apprêtaient à faire une tournée des cliniques afin de diffuser de l'information aux médecins sur le guichet de la clientèle vulnérable orpheline et l'accueil clinique. Deux volets qu'on vise à implanter sur le territoire.
«Cette rencontre avec les médecins est une toute première phase, a-t-il mentionné avec prudence. Le guichet est une liste où les gens pourraient s'inscrire pour avoir un médecin de famille. Les patients seraient toutefois priorisés en fonction de leurs besoins. Pour ce qui est de l'accueil clinique, cela permettrait un meilleur partage entre les médecins et les infirmières.»
Sur la pétition initiée par l'organisme, le Dr Breton avait ceci à dire: «Quand il y a un mouvement de population, croyez-moi, les élus écoutent.»




