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Ses partisans revendiquent le droit de mourir dans la dignité

Ses partisans revendiquent le droit de mourir dans la dignité

Ses partisans revendiquent le droit de mourir dans la dignité

Benoit LeBlanc
Publié le Février 12 2010
Publié le Mai 25 2010
Benoit LeBlanc

Conférence sur le suicide assisté

Pendant la conférence sur le suicide assisté, présentée par l’AQDR Laval devant plus de 110 personnes, le 26 janvier, les diverses formes de décision de fin de vie, ainsi que la question du testament biologique ont mené les échanges entre participants.

Sujets :
Association québécoise , Département de psychologie , Université du Québec à Montréal , Québec , Laval , Place des Aînés

Pour projeter plus de lumière sur le sujet, l’Association québécoise de défense des retraités de Laval avait invité Isabelle Marcoux, membre du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie. La professeure associée du Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal a tenté d’éclairer l’auditoire sur la la recherche dans ce domaine et sur ce qui se passe au Québec à ce chapitre. «Je ne vais pas prendre position. Je vais plutôt vous donner une mise en contexte sociale, médicale et historique», a-t-elle prévenu, devant une salle pleine à craquer de la Place des Aînés, où l’on n’arrêtait plus d’ajouter des chaises pour les nouveaux arrivés.

Définir et préciser

Illustrant souvent son propos en prenant exemple sur les Pays-Bas, la référence en matière de légalisation de pratiques et décisions de fin de vie, Isabelle Marcoux a d’abord exprimé les différences entre l’arrêt et l’abstention de traitement, l’euthanasie et le suicide assisté.

On parle de suicide assisté quand un médecin ou un autre individu procure à une personne les moyens de se suicider ou de l’information sur la façon de procéder, alors que l’euthanasie consiste à provoquer intentionnellement la mort d’autrui pour mettre fin à ses souffrances.

Les traitements

Également, Isabelle Marcoux a précisé le mode de traitement destiné à soulager la douleur au risque d’abréger la vie, quand on décide d’administrer des médicaments en quantité suffisante pour soulager, mais avec des doses pouvant hâter la mort; l’arrêt de traitement, où le patient demande que l’on interrompe de façon temporaire ou définitive celui-ci, avec la conséquence d’abréger la vie; puis l’abstention de traitement, lorsque l’individu décide de ne pas amorcer un traitement susceptible de le maintenir en vie, on pense entre autres au refus d’être alimenté ou hydraté artificiellement, en laissant la mort arriver naturellement.

Pourquoi un débat maintenant?

«Les avancées technologiques, le renforcement de valeurs morales plus individualistes, le coût de maintien ou prolongation de la vie, un sujet plus tabou, le vieillissement de la population, l’éclatement des familles, la prise en charge des aînés par l’État et l’institutionnalisation de la mort, sont les principales raisons du débat qui prend place aujourd’hui au Québec et dans plusieurs autres sociétés», de spécifier la docteure.

Consultation publique

On sait que le gouvernement du Québec fera une tournée de consultation populaire l’automne prochain sur la question délicate du suicide assisté. Cette consultation a déjà débuté auprès du personnel médical impliqué dans cette problématique.

On sait que les partisans des changements à la loi revendiquent notamment le droit de mourir dans la dignité et que la population, dont les médecins, sont majoritairement favorables à des changements sur le plan juridique dans la façon de traiter ces dossiers.

Et le testament biologique?

Bien avant la période de questions et pendant celle-ci, la possibilité d'établier un testament biologique ou mandat d’inaptitude comme solutions au problème (dont l’acharnement thérapeutique) est revenue sur le tapis plusieur fois. Dans un testament biologique ou «directives de fin de vie», la personne inscrit ses volontés, dans l’éventualité où elle se retrouve dans un état comateux ou qui la rend incapable d’exprimer à ce moment même ses volontés de fin de vie.

«Le testament biologique permet la discussion, il comporte des informations précieuses, mais il n’a aucune valeur légale et le médecin ne peut s’y conformer sans le risque d’être reconnu coupable», a résumé Isabelle Marcoux, en rappelant finalement que partout où certaines pratiques de fin de vie sont légalisées, elles sont toujours encadrées par le corps médical.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Philippe BISSON
    - 26 Mai 2010 à 09:11:42

    Le testament biologique n'a peut-être pas de fondement dans le droit positif canadien mais ne peut-il pas s'appuyer sur le droit international, les Droits de l'Homme défendus par l'ONU, et applicables dans tous les pays adhérents ? Le principe d'autonomie n'est-il pas suffisant pour qu'une personne ait droit au respect de sa volonté quand il ne s'agit que d'elle-même et que la liberté qu'elle revendique n'a aucun effet sur les libertés d'autrui ? Le droit français ne punit pas l'aide au suicide parce que le suicide n'étant pas punissable, on ne peut être puni pour complicité d'un acte non pénalisé. Les adversaires idéologiques français du suicide assisté se servent de l'interdiction de provoquer au suicide pour engager des actions contre des personnes qui ont aidé à un suicide mais les non lieux sont la règle dès que la preuve de la volonté de mourir de l'intéressé a été établie. Le choix du moment et du moyen de sa mort est une liberté fondamentale ces êtres humains. Si le droit positif fait intervenir le médecin dans les pays qui ont légalisé l'assistance au suicide, c'est que le médecin détient le monopole d'utilisation des produits qui permettent d'accéder à la mort la plus douce qui soit, celle de s'endormir et de ne pas se réveiller. Mais aider à mourir ne fait partie ni de la vocation ni des objectifs de la médecine. La bonne solution ne serait elle pas de faire partager ce protocole avec une institution, juridique ou administrative, qui aurait pour mission de s'assurer que la volonté de mourir de l'intéressé est lucide, libre, et éclairée? Demander au médecin de participer à la décision de mort d'un tiers restera toujours sujet à discussion parce que le risque de dérive, le risque que le médecin influence l'intéressé dans sa décision, existera tant qu'on aura recours à sa participation. Merci d'avoir bien voulu me lire.

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