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Elle vend tous ses biens pour gravir l’Everest

En raison des conditions clémentes, beaucoup d’alpinistes ont gravi l’Everest le 19 mai.

En raison des conditions clémentes, beaucoup d’alpinistes ont gravi l’Everest le 19 mai.

Kariane Bourassa
Publié le 3 Août 2012
Publié le 3 Août 2012
Kariane Bourassa  RSS Feed
Sujets :
K2 , Laval-des-Rapides , Afrique

Une résidente de Laval-des-Rapides a fracassé un record féminin canadien lorsqu’elle a escaladé, en deux ans et demi, les sept plus hautes montagnes des sept continents de la planète.

L’exploit de Monique Richard, 37 ans, a été officialisé le 19 mai dernier, lors de l’ascension du plus célèbre des sommets, l’Everest.

Sportive de nature, l’athlète s’était donné le défi des sept montagnes en octobre 2009, après avoir gravi le Kilimandjaro en Afrique. «C’est à ce moment que j’ai vu comment mon corps réagissait à l’altitude. C’était ma première montagne, je n’avais pas tellement d’expérience, mais j’ai vite eu la passion», lance-t-elle avec vigueur.

L’alpiniste s’entrainait 3 heures par jour, quatre fois par semaine. «Ma vie ce n’était que ça! C’était devenu mon travail», dit-elle. Lors de sa préparation, elle a également eu recours aux conseils d’une nutritionniste.

Cependant, Monique Richard soutient que les principales embûches n’ont pas été physiques, mais financières. «J’ai vendu mon auto, ma moto et mon condo. J’ai même quitté mon emploi pour atteindre mon but», dit-elle en assurant ne rien regretter aujourd’hui.

Elle affirme avoir tenté de se faire commanditer, mais puisque les délais entre ses ascensions étaient trop courts, elle a eu peu de temps pour s’y consacrer.

Des obstacles qui découragent

En une année, Monique Richard a gravi cinq des sept montagnes. En octobre 2010, elle a tenté, une première fois, de s’attaquer à l’Everest. «Ce n’était pas la bonne saison. Je n’ai pas réussi à me rendre au sommet et, en plus, je me suis foulé la cheville. C’était une grande déception et ça a été très dur pour le moral. Quand je suis revenue, j’avais tout vendu. Je n’avais plus rien et je ne pouvais pas m’entrainer à cause de la blessure», se souvient-elle en laissant tomber un soupir.

Cet imprévu est venu troubler les plans de Monique Richard. «Après l’Everest, j’ai reporté l’ascension des autres montagnes d’au moins un mois, pour rétablir ma cheville», explique-t-elle.

Une fois guérie, l’athlète a complété, en un temps record, le parcours qu’elle s’était tracé.Or, elle devait de nouveau affronter l’Everest afin de compléter le circuit des sept montagnes.

«Après l’échec que j’avais vécu, j’avais de la pression», avoue-t-elle. L’ascension du plus haut sommet du monde a duré près de deux mois. «Je suis arrivée en haut le 19 mai, et il y avait un gros embouteillage. Tout le monde s’est essayé cette journée-là puisque les conditions étaient plus clémentes», dit-elle.

Un décès lors de l’ascension

À quelques mètres de leur objectif, d’autres défis attendaient les alpinistes. «Il y a eu un décès ce jour-là, à cause du manque d’oxygène et de la fatigue. Une Canadienne est morte d’épuisement à côté de moi», indique Monique Richard.

Elle avoue avoir eu peur à ce moment, car elle aussi voyait sa bouteille d’oxygène se vider. Elle soutient cependant ne jamais avoir pensé à rebrousser chemin.

Enfin au sommet, Monique Richard a brandi le drapeau de la fibromyalgie, une maladie caractérisée par une douleur musculaire chronique, dont souffrent sa sœur et sa meilleure amie. Elle affirme qu’il y a un beau parallèle entre cette maladie et l’escalade. «Dans les deux cas, il faut bien gérer son énergie. Nous sommes aussi tous influencés par la température», laisse-t-elle savoir.

Un sens à la vie

En repensant au travail accompli, Monique Richard admet avoir vécu deux années «très intenses». Son expérience lui a inspiré l’écriture d’un livre. Elle aimerait aussi entreprendre une tournée de conférences pour parler de son cheminement.

«Ça a vraiment donné un sens à ma vie! Maintenant, je pense toujours à ma prochaine ascension», dit-elle en riant. Au cours des prochains mois, elle compte s’attaquer au K2, situé sur la frontière sino-pakistanaise. Il s’agit du deuxième plus haut sommet du monde.

«Quand j’y pense, l’Everest a vraiment été la montagne la plus dure. Lorsque je me suis blessée, j’ai appris à lâcher prise. C’est toujours la nature qui a le dernier mot», concède-t-elle.

Néanmoins, l’athlète est fière d’avoir battu le record féminin canadien. «C’était tellement en dedans de moi, je voulais le faire vite et aller jusqu’au bout», lance-t-elle.

Elle conseille d’ailleurs une aventure semblable aux amateurs d’escalade. «Si vous avez la flamme, il faut aller où on se sent vibrer. C’est tellement dur de trouver sa passion. La vie est courte, il faut réaliser ses rêves», conclut-elle.

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