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«Tu te sens bonne à rien quand t’es intimidée» - Nelka Pelletier

Nelka Pelletier a vécu l’intimidation pendant plus de trois ans dans son ancien établissement. (Photo: Alarie Photos)

Nelka Pelletier a vécu l’intimidation pendant plus de trois ans dans son ancien établissement.

Publié le 17 Février 2012
Publié le 17 Février 2012
Sujets :
Fondation Jasmin Roy , Maison des jeunes de Ste-Dorothée , Sainte-Dorothée , Place Nelka

Après avoir vécu trois années d’intimidation et changé d’établissement scolaire, Nelka Pelletier, 12 ans, n’hésite pas à parler librement de cette problématique qui l’a tant affectée.

«Ça a commencé en 3e année. Un jour, il n’y avait plus rien dans ma case, se souvient la résidente de Sainte-Dorothée. Mon manteau, ma salopette, mes bottes, mon nom tout était parti. On me l’avait caché deux étages plus haut.» Plus qu’une mauvaise blague, la jeune fille était bouleversée. «J’étais jeune, je ne comprenais pas et je me demandais pourquoi ces gens faisaient cela, pourquoi ces gens voulaient me faire disparaître.»

Puis, les actes de violence tant verbale que physique n’ont cessé de ponctuer le quotidien de Nelka. «C’est beaucoup d’insultes, beaucoup de rejet, mais aussi, en 4e année, une petite fille m’a serré le cou fort en me disant "je vais te tuer". Plus tu vieillis, plus c’est intense», témoigne la Lavalloise.

Accepter la différence

Certains de ses amis avaient peur d'afficher leur amitié par crainte des représailles, analyse sa mère.

«Nelka a toujours eu des artistes autour d’elle, à cause de mon métier. À l’école, elle racontait ce qu’elle faisait les week-ends, des choses qui lui semblaient banales, mais qui attiraient la jalousie des autres», pense Nathalie Langlois.

Une jalousie qui aurait poussé certains élèves à l’isoler régulièrement. «Elle a carrément coulé son cours d’anglais, car pour l’examen, il fallait être en binôme et personne ne voulait se mettre avec elle», raconte la mère de famille, qui déplorait alors la réaction du personnel enseignant. «Les professeurs disaient qu’ils ne pouvaient pas forcer les autres à se mettre avec elle.»

Prendre sa place

Nelka dit ne jamais avoir hésité à parler de ses problèmes à sa mère allant jusqu’à dénoncer l’intimidation au grand public.

«Je m’implique auprès de la Fondation Jasmin Roy et depuis le passage à l’émission Tout le monde en parle, l’intimidation a diminué. Mais mon directeur fait beaucoup. Il a même engagé des gens pour parler d’intimidation et on a eu des ateliers sur la violence», raconte l’élève de 6e année.

Mais c’est son implication au sein du comité jeune à la Maison des jeunes de Ste-Dorothée qui lui permet aujourd’hui de prendre sa place. «Là-bas, je peux m’impliquer, donner mon point de vue, sans que les gens m’insultent», conclut celle qui rêve à une carrière d’animatrice à la radio et de chanteuse.

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