Le 1er octobre, envoyer une tonne de déchets au site d’enfouissement coûtera 9,50 $ de plus: un moyen de financer le virage vers le traitement des matières résiduelles organiques.
La redevance de base est actuellement fixée à 10,73 $ la tonne. Dans quelques semaines, la facture s’élèvera au total à 20,23 $ la tonne, pour tous les utilisateurs des sites d’enfouissement, comme les municipalités.
kg par personneCette hausse substantielle s’inscrit dans la foulée de la nouvelle politique de gestion des matières résiduelles du Québec et du plan quinquennal qui l’accompagne. L’objectif est de ramener à 700 kg par habitant la quantité d’ordures expédiées dans les sites d’enfouissement.
Selon les estimations du ministère du Dévelopement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), la moyenne québécoise de matières éliminées était d’environ 810 kg par personne, en 2009. À Laval, on destinait à l’enfouissement au total 939 kg par personne, en 2008.
La redevance supplémentaire de 9,50 $ sera maintenue jusqu’en 2015 et devrait faire chuter graduellement la quantité de matières éliminées, estime-t-on au MDDEP.
Elle sera entièrement remboursée aux municipalités, puisque celles-ci contribueront au financement des infrastructures de traitement des matières organiques par biométhanisation ou compostage.
Plus cher pour les ICILa réalité sera différente pour les institutions, commerces et industries (les ICI) et les entreprises de construction, rénovation et démolition, qui obtiendront une aide financière, mais pas un remboursement total.
«Nous, on demande qu’ils aient aussi droit au programme de redistribution de la redevance», dit le directeur du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval, Guy Garand, également membre de l’exécutif du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED).
Ce programme permet aux villes d’encaisser une subvention, lorsqu’elles mettent en place des mesures pour réduire la quantité de matières résiduelles envoyées à l’enfouissement, comme le recyclage ou la collecte à trois voies. Les crédits alloués représentent 85 % de la redevance de base. «Le Carrefour Laval, par exemple, génère autant de matières résiduelles qu’une ville. S’il met l’épaule à la roue, en traitant ses déchets, pourquoi n’aurait-il pas droit à ce programme?» demande Guy Garand.
40 $M. Garand évalue par ailleurs que le tarif à la tonne, même majoré à 20,23 $, n’est pas suffisant. «Au FCQGED, la position qu’on prend, c’est 40 $. Aux États-Unis, c’est 100 à 130 $ la tonne. Partout, c’est plus élevé qu’ici.»
