La Corporation pour la mise en valeur du bois de l’Équerre a tapé à nouveau sur le clou, à l’occasion des consultations publiques sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement, le 18 octobre, dans un mémoire où elle réclame un statut de conservation pour les quelque 200 ha qui subsistent du milieu en proie au développement.
«On est en lien avec le MDDEP [ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs], dit Judith Goudreau, vice-présidente de la Corporation. Ça prend plusieurs acteurs, dont la Ville de Laval et les propriétaires privés. C’est un début de démarche, mais on ne lâchera pas le morceau.»
L’objectif: «que la CMM [Communauté métropolitaine de Montréal] et Ville de Laval attribuent au bois de l’Équerre un statut de conservation afin de le soustraire des zones d’expansion résidentielles et industrielles actuellement prévues».
Détermination
La nouveauté est davantage dans la détermination du nouveau conseil d’administration de l’organisme, formé l’été dernier, que dans le mémoire de 25 pages, où les recommandations reprennent mot à mot celles formulées en 2005, dans un autre mémoire.
Les auteurs de l’époque, qui ont tous quitté la Corporation, s’exprimaient à l’occasion d’une première consultation publique sur le Projet de schéma métropolitain d’aménagement et de développement.
Outre un statut de conservation légal, ils réclamaient, tout comme les membres de l’actuel conseil d’administration, l’agrandissement du périmètre reconnu du bois, l’implication de la Ville et de la CMM dans son aménagement et sa mise en valeur, ainsi que sa reconnaissance comme un élément structurant dans le développement touristique de Sainte-Rose.
Les consultations sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), qui ont débuté le 28 septembre, ont pris fin le 21 octobre. Un document final devrait être adopté par la CMM avant la fin décembre.
Urgence
Le mémoire présenté à Laval le 18 octobre détaille les nombreux éléments qui motivent l’urgence d’agir. La menace provient principalement des projets de développement domiciliaire et industriel, notamment à l’extrémité nord du boulevard Industriel, où la chaîne Couche-Tard a établi son centre de services, il y a quelques années. La singularité et la grande biodiversité du milieu sont soulignées. «La forêt feuillue, dont fait partie le bois de l’Équerre, occupe seulement 7 % du territoire québécois.» Sur l’île Jésus, «il ne subsiste aujourd’hui que quelques parcelles de ces forêts en zone blanche». Le bois recèle un écosystème forestier exceptionnel, reconnu par le ministère des Ressources naturelles. Les auteurs soulignent l’importance de conserver une grande superficie, afin que l’espace naturel puisse mieux résister aux pressions urbaines. Quant à la conservation envisagée, la Corporation favorise un statut «au sens de la Stratégie québécoise sur les aires protégées», comme celui accordé à certaines portions du Parc de la Rivière-des-Mille-Îles. «Il n’existe encore aucun statut de zonage assurant la conservation à long terme des espaces boisés à Laval», peut-on lire dans le mémoire. La création d’un nouveau type de zonage municipal libellé «Parc-nature» était un engagement de la Ville, dans le cadre de sa Politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels d’intérêt, publiée en novembre 2004.
Le bois en chiffres
> 200 hectares au total
> 30 propriétaires privés
> 60 hectares environ détenus par Ville de Laval
@D:Source: Corporation pour la mise en valeur du bois de l’Équerre.
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