La Ville de Laval a mandaté, la semaine dernière, l’organisme à but non lucratif Nature-Action Québec pour examiner les avenues possibles pour l’acquisition d’un terrain situé dans le bois de l’Équerre.
La tâche dévolue à l’organisme par le comité exécutif de la municipalité est de «constituer un dossier d’acquisition», résume l’attaché politique du cabinet du maire, Jean-Maurice Duddin.
Le milieu naturel convoité est détenu par un seul propriétaire, avec lequel la Ville a déjà entamé des démarches pour une acquisition de gré à gré, au cours de la dernière année, explique M. Duddin.
L’accompagnement pour l’acquisition de milieux naturels fait partie de l’éventail de services offerts par Nature-Action, qui a déjà fait plusieurs approches fructueuses, notamment sur la Rive-Sud.
Discrétion
La localisation du terrain, sa superficie et les détails d’une éventuelle transaction sont pour le moment gardés confidentiels. «Les procédures sont en marche, mais en raison des risques de spéculation, nous sommes tenus à la prudence», indique Jean-Maurice Duddin.
Trois avenues seront examinées par l’organisme: que le terrain demeure une propriété privée, qu’il soit vendu à Nature-Action ou qu’il soit acquis par la Ville.
L’organisme procédera par ailleurs à la caractérisation du milieu et établira sa valeur écologique. Il estimera la valeur marchande du lot et entamera des négociations avec son propriétaire.
La Corporation pour la mise en valeur du bois de l’Équerre réclame un statut de conservation pour l’ensemble de sa superficie de 200 ha.
Budget
Le 6 décembre 2010, lors du dévoilement du Budget 2011, le maire Gilles Vaillancourt avait annoncé l’attribution de 13,2 M$ pour l’acquisition de milieux naturels dans les bois de l’Équerre, la Source, Papineau, Auteuil et Sainte-Dorothée.
Un an plus tard, les demandes répétées du Courrier Laval n’ont pas permis de récolter d’information quant aux démarches entreprises, des superficies acquises et de leur localisation.
M. Duddin évoque à nouveau l’argument de la discrétion nécessaire pour prévenir la spéculation. Il spécifie que les sommes budgétées ne sont pas liées à des transactions finalisées.
«On réserve l’argent. Le budget est alloué pour qu’on puisse le faire. On privilégie les ententes de gré à gré. Si ça ne fonctionne pas, on envisage l’expropriation, selon les procédures qu’il faut suivre.»
Le Budget 2012 prévoit 12,8 M$ pour l’acquisition de milieux naturels dans les mêmes boisés que l’année dernière.
25 ans
Nature-Action Québec (NAQ) a vu le jour modestement, il y a 25 ans, à l’initiative de citoyens de Saint-Bruno. L’organisme à but non lucratif a maintenant à son emploi 95 personnes et gère un budget annuel de 7,5 M$.
Son champ d’action couvre un éventail de services dans différentes sphères environnementales: milieux naturels, matières résiduelles, écocivisme, développement, développement durable, gestion environnementale, climat et transport actif, consommation responsable, efficacité énergétique, santé environnementale, géomatique.
NAQ réalise ses projets en partenariat avec des municipalités, des entreprises privées, des ministères et d’autres organismes à but non lucratif.
Son expertise en matière d’acquisition de milieux naturels a permis, au cours des dernières années, la conservation de 65 ha à Contrecoeur, de 69 ha au Boisé-Du Tremblay, à Boucherville et de 7,8 ha à Sainte-Julie.
