L’athlète de 34 ans a mérité, aux côtés de Valérie Maltais, Kalyna Roberge, Marianne St-Gelais et Jessica Gregg, le titre de vice-championne du monde par équipe. L'équipe canadienne devait remporter le relais pour espérer mettre la main sur le titre, et malgré un record canadien de 4:09.178, les Coréennes étaient trop rapides, terminant la course avec un chrono de 4:06.809, pour l’obtention de la pôle.
«Nous savions que les Coréennes seraient notre grosse compétition. Nous étions une jeune équipe. Nous avons réussi des miracles. C’est la première année, que nous formions une équipe tandis que les Coréennes patinent ensemble depuis quatre ans», a avoué dans une entrevue accordée au Courrier Laval, Tania Vicent.
Seuls huit pays étaient invités à participer à cette épreuve, avec cinq patineurs chacun. Les pays étaient divisés en deux groupes de quatre, et quatre athlètes de chaque pays prenaient part au 500 m et 1000 m, puis deux athlètes faisaient partie de la course de 3000 m, suivie d'un relais.
«C’est certain que j’aurais aimé gagner la médaille d’or pour finir ma carrière. Je n’avais pas vraiment de façon dont je voulais quitter. Je commençais à être tannée. Je voulais être là pour l’équipe et j’ai tout donné», assure-t-elle. «Je pensais que j'allais être un peu plus émotive. Je m’attendais à pleurer, à être plus fébrile. C’est peut-être parce que j’étais prête à accrocher mes patins. Je vais sans doute le réaliser plus quand les filles vont reprendre l'entraînement sans moi. Pour ma part, le patin et l’équipe vont beaucoup me manquer, mais j'ai plusieurs autres projets en tête qui me tiendront occupée, entre autres celui de fonder une famille avec mon chum», a-t-elle ajouté.
Les Jeux de Vancouver un «must»Après 17 ans au sein de l'équipe nationale et quatre Jeux olympiques d'hiver, Vicent savait qu'il était temps de dire adieu au monde du patinage compétitif. «J’ai surtout continué pour les Jeux olympiques. Si j’avais arrêté avant les Jeux de Vancouver, j’aurais peut-être dit qu’il me manquait quelque chose. Je me sens entièrement accomplie. Je ne pense pas que j’aurais pu faire plus, faire moins», a-t-elle reconnu. «Les derniers Jeux sont les plus mémorables et les plus beaux. Les Jeux à la maison, il n’y a vraiment aucune comparaison à faire. L’ambiance était extraordinaire. J’ai préféré Vancouver à mes premiers Jeux à Nagano. Pourtant, les premiers Jeux représentent un rêve», a ajouté celle qui se fait maintenant reconnaître dans la rue depuis sa participation aux Jeux de Vancouver.
«Ça démontre ma force de caractère d’avoir été là si longtemps» - - Tania Vicent
Tania s’est dite satisfaite de sa longue carrière durant laquelle elle a patiné avec de nombreuses patineuses. «Je suis contente de ma carrière. Je n’ai pas gagné une tonne de médailles. Je n’ai jamais été championne du monde. Je me suis toujours fixé des objectifs élevés, des objectifs pour gagner un jour une médaille individuelle. Malheureusement, ça ne s’est pas produit», a mentionné celle qui a été victime de la profondeur de l’équipe nationale au fil des ans. «Ça démontre ma force de caractère d’avoir été là si longtemps. Je suis fière d’avoir donné tout ce que j’avais», a-t-elle ajouté.
Sa cinquième place au cumulatif des épreuves au Championnat du monde en 2001 figure parmi l’un des meilleurs moments de sa carrière. Elle conservera également de précieux souvenirs de ses quatre participations aux Jeux olympiques, quatre médailles au relais. «On m’a parlé de cet exploit. Quatre médailles en quatre Jeux consécutifs. Je suis flattée.»
Même si elle n’a jamais paradé sur le podium au Championnat du monde aux épreuves individuelles, elle ne s’en fait pas outre mesure. Elle est davantage fière d’avoir pu surmonter des obstacles sur son chemin: la maladie et la mort de sa mère ainsi qu’une opération à la hanche.
«Le patinage m'a tout donné. Il m'a permis de me faire une personnalité, de rencontrer des gens partout et de me faire des amis, partout dans le monde. Le patinage m’a apporté la joie de vivre, le bonheur et m'a permis de rester jeune. À 34 ans, la majorité des femmes ont une famille et travaillent. Moi, j’ai choisi de faire du sport», a-t-elle admis. «Les voyages et les amis, c’est ce qui me manquera le plus. Je ne reverrai peut-être plus certaines personnes», a-t-elle conclu.
