Édith D’Astous, une fille parmi les gars

Sylvain
Sylvain Lamarre
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Heureuse comme jamais avec les Sénateurs bantam AA

Édith D'Astous défend la forteresse des Sénateurs de Laval.

Laval aussi a sa Manon Rhéaume ou sa Charline Labonté. Quand Édith D'Astous des Sénateurs de Laval endosse ses jambières de gardienne de but, c'est pour affronter les tirs des garçons dans la catégorie bantam AA de la Ligue de développement Montréal Métro.

Dans ce monde où les garçons sont majoritaires, la hockeyeuse de 13 ans n’a aucun complexe, bien au contraire. Fait inusité, elle a réussi à percer l’alignement dès sa première campagne dans cette catégorie.

«C'est intéressant pour moi de jouer avec les gars, puisque le jeu y est plus compétitif et le calibre est plus relevé. J'adore ça jouer avec eux», lance Édith, tout juste avant de sauter sur la glace du Complexe sportif Guimond pour l'entraînement quotidien.

«J'ai toujours désiré être un joueur de hockey. Je ne me considère pas comme un gars manqué. Je rêvais de jouer au hockey masculin avec les meilleurs», poursuit-elle.

Si elle n’avait pas réussi à se tailler un poste avec les gars, Édith aurait joint les rangs de la formation féminine bantam AA. «On ne voulait pas d’une fille dans le BB de Laval-Est», lance celle qui montrait une fiche de sept gains, deux revers et une nulle.

Influencée par son frère

«C'est mon frère Gabriel du midget AAA avec le Rousseau-Royal qui m'a transmis cette passion pour le hockey. J’ai joué avec les filles et les gars depuis la catégorie MAGH», mentionne timidement l’adolescente.

Elle a donné ses premiers coups de patin comme attaquante dans les catégories MAGH et novice. Par la suite, elle a porté les jambières pour la première fois à sa deuxième saison chez les novices.

Édith raconte que les gars ont su faire preuve de patience et surtout, qu'ils l'ont rapidement traitée comme l'un des leurs. Elle a su se faire accepter de tous.

«Je n'ai jamais entendu un commentaire grossier. Pas une seule fois! On fait souvent des blagues, mais rien de vraiment méchant. Je me fais siffler après quelquefois. C’est juste drôle et je m’en fous! Même les joueurs adverses ne me traitent pas différemment parce que je suis une fille», souligne-t-elle.

Une seule différence demeure: avant et après la partie, elle se change toute seule de son côté. Elle enfile sa combinaison dans les toilettes. Elle reconnaît se sentir un peu à part.

«Je rêvais de jouer au hockey masculin avec les meilleurs» Édith D'Astous

«Quand les gars sont habillés, je regagne le vestiaire et j’endosse le reste de mon équipement. Et il y a aussi leurs conversations, des sujets de gars. Je ne m’en mêle pas trop», dit-elle avec un sourire en coin.

Est-ce que ses coéquipiers sont plus protecteurs? «On pourrait penser qu’ils vont me protéger plus, mais non. Ils me considèrent comme un joueur comme les autres. J’apprécie quand ils enlèvent les adversaires qui se tiennent trop près de moi. Ça me donne plus de chance de voir la rondelle.»

Comme ses homologues masculins, elle garde espoir un jour, de percer l'alignement d’une formation de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Son frère Gabriel D’Astous-Moreau a d’ailleurs été sélectionné par les Saguenéens de Chicoutimi en 2012.

Suivre les traces de ses idoles

Édith n’était pas encore née quand Manon Rhéaume a disputé un match dans la Ligue nationale de hockey (LNH), le 23 septembre 1992. Elle avait à peine sept ans quand Charline Labonté a participé à ses premiers Jeux olympiques en 2006, à Turin.

Bien entendu, Édith aimerait bien suivre les traces de ses idoles, Rhéaume et Labonté, en devenant la troisième femme à jouer avec les gars dans un niveau élevé.

L’athlète de Duvernay est consciente qu’elles ont ouvert des portes partout à travers le monde et que cela a démontré à plusieurs filles qu’il était possible pour elles aussi de réussir au hockey masculin.

«Ce sont des pionnières. Elles étaient retenues dans des équipes de gars parce qu’elles étaient bonnes», termine-t-elle.

Elle rêve aux Olympiques

Édith aimerait suivre les traces de Labonté et de représenter le Canada aux Jeux olympiques. D’ici là, elle aimerait être sélectionnée avec les équipes féminines du Québec des moins de 16 ans et moins de 18 ans.

Autre texte à lire: Le même traitement pour Édith D'Astous.

Organisations: Ligue de hockey junior majeur du Québec, Ligue nationale de hockey

Lieux géographiques: Développement Montréal Métro.Dans, Jeux olympiques, Chicoutimi Duvernay Canada Québec

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