Julie Sauvé tire sa révérence

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Sylvain Lamarre
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L’entraîneuse a permis au Canada de se hisser parmi les meilleures au monde

Julie Sauvé a décidé de prendre sa retraite et de tourner la page sur sa brillante carrière d’entraîneuse de nage synchronisée, le 1er octobre dernier.

«On ne m’a pas forcée la main. Je me vois vieillir et je ne voulais pas m’embarquer pour quatre autres années. Je voulais profiter de la vie», affirme la dame qui vient de souffler sur 60 bougies.

Le départ de Julie Sauvé coïncide avec ceux annoncés par six nageuses de l’équipe nationale la semaine précédente. Marie-Pier Boudreau-Gagnon, Élise Marcotte, Valérie Welsh, Stéphanie Durocher, Jo-Annie Fortin et Tracy Little ont annoncé au terme des Jeux olympiques de Londres qu’elles se retiraient de la compétition.

«Le départ des filles n’a eu aucun impact sur ma décision. Mes athlètes ne me croient pas. Elles m’ont dit:«tu vas faire comme Dodo et revenir.» D’ailleurs, c’est mon surnom. Ne vous en faites pas, je ne ferai pas comme elle en sortant de ma retraite», promet celle qui avait pris une première pause en 2005.

Prête pour une autre année

La Lavalloise était prête à poursuivre encore une année jusqu'aux Championnats mondiaux de 2013, en Espagne. Toutefois, Synchro Canada cherchait quelqu'un pour un cycle de quatre ans, afin de préparer l’équipe pour les Jeux olympiques de Rio, en 2016.

«C'est un travail qui demande beaucoup, en raison des nombreux voyages. Ce sont de longues heures. Je suis épuisée, fatiguée. Je n'étais plus prête à le faire», admet celle qui quitte après 35 années d'engagement.

«J’ai donné ma vie à la nage synchro. Il vient un temps où je dois penser à moi. Je n’ai jamais vraiment eu de vacances. Je travaillais 10 à 12 heures par jour et cela, 6 jours sur 7», ajoute-t-elle.

Une centaine de médailles

Mme Sauvé a eu le bonheur d'entraîner des nageuses aussi célèbres que les soeurs Vicky et Penny Vilagos et la lavalloise Sylvie Fréchette. D’ailleurs, les médailles olympiques des trois nageuses figurent parmi ses plus beaux souvenirs sur la scène sportive.

Au fil des ans, elle a permis aux nageuses canadiennes d'amasser plus de 100 médailles sur la scène internationale. «C’est une grande fierté pour moi. C’est rare de connaître autant de succès», lance celle qui a été intronisée au Temple de la renommée olympique canadien, le 21 septembre dernier.

«On ne m’a pas forcée la main.» Julie Sauvé

Grâce à son sport, Julie a eu le bonheur de voyager à travers le monde. «J’ai découvert de nouvelles cultures en voyageant partout sur la planète. C’est très enrichissant. Je pourrais m’ouvrir une agence de voyages tellement je connais de pays et d’endroits. Je connais l’Italie, l’Espagne et la Suisse comme Montréal», précise-t-elle.

«J’ai des amis à travers le monde. Je dois dire que c’est ce côté humain de rencontrer ces gens qui me manquera le plus. Nous allons communiquer par courriel», poursuit-elle.

Moments sombres

Si Julie a connu une carrière étincelante, elle a été affectée par le congédiement de huit entraîneurs à son ancien Club CAMO et par des décisions douteuses des juges au fil des ans.

«On a voulu tasser les entraîneurs. C'est malheureux de constater que la politique prend le dessus dans le sport. C'est une histoire triste. Ça m'a grugé beaucoup d'énergie. Et il y a aussi les nombreuses décisions douteuses des juges», reconnaît celle qui a tourné la page en ouvrant le Club Montréal-Synchro en 1993.

Sa plus grande déception aura été la quatrième place aux récents Jeux de Londres. «Nous méritions de monter sur le podium. Je suis triste pour les filles. Une chose est certaine: j'ai beaucoup plus de bons souvenirs», enchaîne-t-elle.

Vers une nouvelle vie

Julie n'a pas l'intention de dormir sur ses lauriers. Au contraire, elle veut s’adonner à la peinture et donner des cours de conditionnement physique à des gens d'affaires. Elle ne ferme pas la porte à une collaboration à titre de conseillère.

«Ça me fait drôle de me lever le matin sans casse-tête. Je commence déjà à trouver le temps long. Je suis une femme active», termine-t-elle avec sa joie de vivre contagieuse.

Chen prend la relève

Originaire de la Chine, Meng Chen succédera à Julie Sauvé comme entraîneuse de l’équipe nationale. Celle-ci a accompli diverses tâches au sein de l’équipe depuis 2008. Elle a notamment dirigé l'équipe nationale junior, qui avait remporté trois médailles de bronze aux Mondiaux de 2010, et travaillé aux côtés de Julie Sauvé lors des récents Jeux de Londres.

Autre texte à lire: Julie Sauvé intronisée au Temple de la renommée olympique canadien.

Organisations: Club CAMO, Club Montréal-Synchro

Lieux géographiques: Canada, Espagne, Italie Suisse Montréal

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