«Si le camping a toujours été exclu de notre périmètre, certains de ses éléments naturels n'en ont pas moins un impact direct sur la qualité de l'ensemble des milieux humides de la forêt, comptant parmi les dix plus importants de la ville», déclarait récemment en entrevue Carole Garceau, présidente de l'APBSD.
ÉtangL'étang du camping est au cœur de ces éléments.
Cette étendue d'eau de près d'un hectare «est en hydroconnectivité avec un ruisseau qui alimente le plus important ensemble hydrographique de la forêt», lequel est constitué de 17 hectares de marais et marécages et de dix autres hectares de milieux humides. Le maintien des écosystèmes forestiers et de la biodiversité de la forêt en dépend.
Par ailleurs, les rives végétalisées de l'étang sont devenues, au fil du temps, «un milieu de vie important pour de nombreuses espaces animales et végétales», fait-on valoir.
Advenant que la Ville aille de l'avant avec un développement résidentiel sur le site, tel que le permettrait un projet de règlement adopté en première lecture par le conseil municipal, l'APBSD suggère quelques mesures d'atténuation, rappelant que son rôle est de veiller à la protection, la conservation et à la mise en valeur de la forêt Sainte-Dorothée.
Parmi ces recommandations, notons l'acquisition des bandes riveraines, la conservation de l'étang et ses rives végétalisées, de même que le maintien du ruisseau à ciel ouvert, du couvert végétal et des bandes riveraines séparant le camping du reste de la forêt. On souhaiterait également voir aménager des zones tampons pour protéger l'étang et le ruisseau et maintenir le sens d'écoulement des eaux afin d’éviter que le ruisseau et les milieux humides de la forêt ne s’assèchent.
En acquérant le site de camping en vue d'en faire un important développement domiciliaire, l'homme d'affaires Sylvain Chartrand mettait aussi la main sur des terrains appartenant à la zone agricole permanente et se confondant avec la forêt Sainte-Dorothée.
D'une superficie de 2,6 millions de pieds carrés, ces terrains zonés verts dont il ferait don à la municipalité se trouvent à la limite du camping et constituent un écosystème forestier de 35 hectares, fragile et d'une grande valeur écologique.
«Onze des dix-huit espèces animales ou végétales à statut précaire recensées dans la forêt Sainte-Dorothée [280 hectares boisés] vivent sur les terres à M. Chartrand», en donne pour preuve Carole Garceau, une biologiste de formation.
«Un développement résidentiel important à proximité pourrait potentiellement entraîner des impacts significatifs sur ces habitats sensibles», prévient-on dans un mémoire que l'association qu'elle préside déposait à la Ville, lors d’une récente consultation.
Pour en réduire les impacts, on suggère, le cas échéant, de clôturer le périmètre afin de protéger les écosystèmes et canaliser la circulation piétonne vers les sentiers, créer des zones tampons entre les résidences et les écosystèmes forestiers d'importance et de limiter la construction résidentielle.
L’APBSD émet le souhait que, dans l’éventualité où le camping ferait place à un développement résidentiel, une «contribution aux fins de parc» permettrait un accès accru au périmètre de la forêt, qui regorge d’une grande biodiversité.
Qu’il suffise de citer les 139 espèces d’oiseaux, les 8 espèces de chauve-souris et la vingtaine d’autres mammifères, dont le coyote, qui fréquentent la forêt Sainte-Dorothée.
Oeuvrant conjointement avec la Ville, depuis 2004, à la protection, la valorisation et la mise en valeur de la forêt Sainte-Dorothée, l’association présidée par Carole Garceau rappelle que le site actuel du camping est le seul endroit où l’on pourrait aménager des infrastructures d’accueil pour la population, considérant que le zonage agricole permanent qui protège l’ensemble de la forêt y empêche tout aménagement de cette nature.
Cela dit, Mme Garceau et son organisme de protection préfèrent s’abstenir dans le débat de l’heure quant à l’avenir du camping. «On considère que ce n’est pas notre mandat de prendre position.»




