«On est extrêmement déçus», dit Benoît Turgeon, président du Comité de citoyens pour les transports collectifs dans l’est de Laval. Ce comité s’est joint, en octobre 2009, à la Coalition Transports Laval-Lanaudière, coprésidée par M. Turgeon.
Rencontre avec l’AMTLes membres de la Coalition étaient toujours optimistes au début février, lors d’une rencontre avec l’Agence métropolitaine de transport (AMT), promoteur du projet.
Le groupe proposait un tracé reliant Mascouche à la gare Centrale en 47 minutes, en passant par Laval. Le tracé retenu par l’AMT sera parcouru en 62 minutes, selon l’estimation de l’Agence. Les représentants de l’AMT ont qualifié la proposition de la Coalition de «complémentaire», lors de la rencontre.
Quelques jours plus tard, la Coalition faisait des démarches pour rencontrer le maire de Mascouche, afin de le convaincre à son tour.
Le groupe avait recueilli quelque 5000 signatures de citoyens favorables à son tracé. «C’est ce qui nous encourage à continuer à lutter pour les transports en commun dans l’est, même si le train est exclu, à court terme», souligne M. Turgeon
Jusqu’à maintenant, seuls des travaux dans l’emprise ferroviaire du CN, du côté de Montréal, ont eu lieu.
L’AMT attendait le certificat d’autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, pour amorcer les travaux dans la Couronne Nord.
Avec le certificat en poche, l’AMT peut procéder à la construction d’un nouveau tronçon de 13 km au centre de l’autoroute 640, entre Mascouche et Repentigny. Les travaux débuteront à l’automne 2010.
Ce tronçon a passé sous la loupe du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), en décembre 2008 et janvier 2009.
Le rapport du BAPE, publié en mai 2009, remettait en question le choix du tracé Mascouche/Repentigny/Montréal, ce qui avait nourri l’optimisme des défenseurs d’une ligne lavalloise.
Le potentiel d’utilisateurs à long terme à Laval n’a pas été pris en compte, concluaient les commissaires. Ils soulignaient par ailleurs qu’un scénario comprenant deux lignes, dont une lavalloise, supplantait le projet retenu par l’AMT sur le plan environnemental.
Le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval déplore d’ailleurs la tournure des événements. «Avec le pont et le prolongement de l’autoroute 25, l’est de Laval va connaître un développement sans précédent. Est-ce là tout ce que le gouvernement du Québec a à offrir comme moyen de transport à tous ces futurs résidents et travailleurs?» demande le directeur du CRE, Guy Garand.
Alors que Québec vise de lutter contre le réchauffement climatique, «ses actions ne correspondent pas à ses paroles», fait remarquer M. Garand.
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