André Arsenault dénonce les coupures pour les élèves handicapés et en difficulté

Sylvain Lamarre sylvain.lamarre@tc.tc
Publié le 26 décembre 2015
André Arsenault souhaite que la CSDL se ravise concernant les compressions budgétaires.
Gracieuseté

ÉDUCATION. André Arsenault, du conseil d'administration du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval et responsable du dossier des élèves handicapés et en difficultés d’adaptation et d’apprentissage (EHDAA), a récemment dénoncé les compressions budgétaires.

«Les compressions imposées en éducation font très mal et ces compressions affectent ces élèves», dit-il d'entrée de jeu. Aucun jeune ne devrait subir les effets négatifs des décisions politiques. On n'a pas le droit de laisser tomber les élèves handicapés, ceux qui ont des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, des jeunes qui risquent de décrocher et c’est pourtant ce qui est en train d’arriver.»

8 M $ de coupures

Selon M. Arsenault, la Commission scolaire de Laval (CSDL) investit 15 M$ par année pour les services aux élèves. En 2015-16, la CSDL a amputé 3 335 000 $ au budget EHDAA et on prévoyait des compressions de 1,4 M$ en 2016-17. On peut aussi ajouter les coupes pour les mandats régionaux (2 M$) et les postes professionnels (1,2 M$) qui touchent aussi EHDAA.

«Cet investissement était nécessaire pour permettre à ses élèves

d’avoir le soutien pour progresser et réussir. Ces enfants ayant des difficultés d’apprentissage ont besoin de classes spécialisées avec un réel ratio réduit, du soutien des techniciens en éducation spécialisée (TES) et non des classes du temps d’Émilie Bordeleau qui inclus dans un même groupe des élèves de la maternelle à la quatrième année», mentionne-t-il.

«Par exemple, les heures d'accompagnement des TES sont passées de 27,75 heures par semaine par groupe à 20 heures pour les groupes de soutien émotif. Dans un tableau avec des colonnes de chiffres, cette situation semble acceptable. Nous ne travaillons pas avec des chiffres, mais avec des humains», enchaîne-t-il.

Lors de la création de ces groupes de soutien émotif il y a quelques années, la CSDL avait pris la décision d'affecter un technicien en éducation spécialisée à temps plein par classe pour bien répondre au bien-être des élèves et dans l'optique de travailler en prévention sur les comportements agressifs.

«L'enseignant devait donc être accompagné d'un TES et ne jamais être seul dans sa classe. Les objectifs étaient d'offrir un milieu protégé. Cela permettait une prévention des comportements violents et une intervention précoce pour éviter, le plus possible, les crises.

Avec les compressions, les enseignants se retrouvent souvent isolés avec leur groupe», affirme-t-il.

La CSDL a donc décidé de donner la formation suivante à ses enseignants: Programme de formation Intervention non violente en situation de crise. «Nous comprenons mal la décision de la CSDL de donner à ses enseignants une formation destinée au personnel d'unités

psychiatriques fermées, au personnel en salle d'urgence, aux thérapeutes en cliniques externes, aux éducateurs, de même qu'aux agents de sécurité et aux représentants des forces de

l'ordre», ajoute celui qui implore la CSDL de revenir sur ce choix. Il en va de même pour les classes spécialisées des enfants autistes, des classes de déficience intellectuelle, des classes de déficience langagière et de tous les enfants EHDAA intégrés en

classe ordinaire.

Sans réponse

M. Arsenault avait d'ailleurs posé des questions à la présidente de la CSDL, Louise Lortie, lors de l'assemblée de la fin du mois de novembre dont: «Allez-vous revenir sur votre décision de couper plus de 3,3 millions cette année en EHDAA? Allez-vous revenir sur votre décision de prévoir une coupe de 1,4 million l’an prochain?»

Ce dernier n'a toujours pas eu de réponse précise. Au moment de mettre sous presse, la CSDL n'avait pas répondu à notre demande d'information, concernant ces compressions.

Autre texte à lire: Impacts des coupures EHDAA.