«Ne touchez pas à nos écoles»

Chaîne humaine contre les compressions dans 15 établissements

Sylvain Lamarre sylvain.lamarre@tc.tc
Publié le 1 septembre 2015
Ils se sont donné la main devant l’école Saint-Gilles.
TC-Media

ÉDUCATION. Parents, enfants, commissaires, enseignants, personnel de soutien et gens du quartier se sont rassemblés, le 1er septembre, afin de former une chaîne humaine dans 15 écoles de la Commission scolaire de Laval (CSDL).

Ils se sont donné la main pour démontrer symboliquement leur force solidaire face aux compressions budgétaires du gouvernement Couillard dans le milieu de l’éducation. Et ils n'étaient pas les seuls, la mobilisation des parents s'est étendue dans 16 régions administratives de la province grâce à la coalition «Je protège mon école publique».

Message clair

«Ne touchez pas à nos écoles», scandaient parents, enfants et enseignants massés dans les différentes cours d'école. «Le message est clair pour le gouvernement», souligne Frédéric Sauvé, premier vice-président du Syndicat de l'enseignement région Laval. Les parents du Québec sont plus mobilisés que jamais. Cette mobilisation nationale démontre hors de tout doute l’indignation générale suscitée par les compressions du gouvernement Couillard en éducation. Les enseignants ne sont plus seuls. La mobilisation des parents démontre que l'école publique leur tient à cœur et ils veulent la défendre»,

«De nombreux élèves en difficulté seront privés de suivis adéquats à cause des coupes importantes en personnel spécialisé (psychoéducateurs, éducateurs spécialisés, orthopédagogues et orthophonistes) malgré l’accroissement de la population dans les écoles et l’intégration d’élèves en difficulté dans les classes régulières», ajoute-t-il.

Ouverture

Le directeur de l'école primaire Saint-Gilles, Daniel Racicot, a interdit aux personnes de faire la chaîne humaine dans la cour d'école. «La direction applique les consignes de la CSDL», poursuit M. Sauvé. Toutefois, on aurait pu avoir un peu de solidarité et d'ouverture de la part de certaines directions. Ce n'est pas une lutte partisane, mais pour l'école publique, une cause qui nous rassemble tous.»

Enseignants

«C'est important de faire cette chaîne et de démontrer au ministre que nous sommes présents», affirme une enseignante de l'école Saint-Gilles, Chantal Geoffrion. Nous avons besoin de services. Avec les coupures, les enseignants seront touchés, mais ce sont surtout les enfants quoi écoperont», «Nous aurions aimé que la chaîne humaine soit plus longue et que nous soyons plus visibles», ajoute-t-elle.

Parents

Geneviève Sauriol, mère de jumelles de neuf ans ayant une déficience intellectuelle moyenne, tenait mordicus à être présente pour lancer un message au gouvernement. «On ajoute des élèves dans les classes et on enlève des services. Ces jeunes ont besoin encore plus de services et les professeurs ont besoin de plus de soutien, afin d'intégrer ces jeunes.»

«La CSDL avait fait le choix de donner plus de services aux élèves handicapés avec des troubles d'apprentissage, malheureusement ils sont affectés avec ces compressions budgétaires. C'est dramatique», reconnaît Anthony Hémond, commissaire scolaire du Marigot.

Enfin, Mustafa Alaoui, du conseil d'établissement de l'école Saint-Gilles, ne croit pas que c'est une bonne idée de couper dans les services pour les classes spécialisées. «Bref, il ne faut pas couper dans l'éducation, c'est l'avenir du Québec.»

Rappelons que la CSDL sera amputée de 13,5 M$ dans son budget pour l’année scolaire 2015-2016.