Karidogiannis blanchi de manquement au code d'éthique

Benoit LeBlanc benoit.leblanc@tc.tc
Publié le 2 novembre 2016

Tout en exonérant Vasilios Karidogiannis de tout blâme, la Commission municipale du Québec invite tout conseiller municipal à la prudence lorsqu'l tient des propos dans lesquels il fait référence, même de manière indirecte, à ses fonctions d'élu.

©TC Media - Mario Beauregard

JUGEMENT. Bien qu'elle souligne l'imprudence de Vasilios Karidogiannis quant au devoir de réserve d'un homme public, la Commission municipale du Québec reconnaît que le conseiller de L'Abord-à-Plouffe ne s'est pas prévalu de sa fonction pour influencer une décision de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

«Cela aurait assurément évité une enquête et des frais juridiques pour la Ville», ajoute le juge administratif Thierry Usclat dans sa décision rendue le 18 octobre.

Lors du conseil municipal, le 1er novembre, le conseiller de Laval-des-Rapides, Pierre Anthian, s'est d'ailleurs enquis du montant déboursé par la Ville de Laval pour assurer la défense de M. Karidogiannis.

«Pourquoi ce serait les citoyens qui payeraient pour l'erreur d'un conseiller?» a affirmé M. Anthian qui n'a pu obtenir du maire Marc Demers la somme exacte que la Ville a dû défrayer en cour pour défendre son élu.

Pour sa part, c'est un Vasilios Karidogiannis repentant qui s'est adressé aux élus et citoyens de la salle du conseil.

«J'ai voulu être sympathique avec quelqu'un qui contribuait à la Fondation créée à la mémoire de ma fille (Alesia's Magnolias) et dédiée à l'Hôpital de Montréal pour enfants, a-t-il déclaré. J'ai été maladroit en écrivant quelque chose qui pouvait être mal interprété et je prie cette assemblée de m'excuser. Il n'y avait aucune intention malveillante de ma part.»

Les faits

L'an dernier, notre journaliste Stéphane St-Amour rapportait cette histoire remontant au 1er août 2015, alors que M. Karidogiannis avait publié sur la page Facebook du restaurant Buonanotte, à Montréal, un statut controversé. L'élu lavallois offrait son aide au copropriétaire de l'établissement relativement à ses démêlés avec la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

Dans le jugement de la Commission municipale du Québec, Vasilios Karidogiannis témoigne que son message, où il se décrit comme un politicien sans préciser qu'il est conseiller municipal, avait pour but de «contrer les messages négatifs qui circulaient dans les médias au sujet de ce restaurant (Buonanotte).» Il affirme aussi ne pas en connaître le propriétaire tout en reconnaissant son erreur.