Laval perd sa vérificatrice générale au profit de Montréal

Stéphane St-Amour stephane.st-amour@tc.tc
Publié le 2 novembre 2016

Michèle Galipeau

©Photo: TC Media – Archives

DÉPART. En poste depuis 2012, la vérificatrice générale de Laval, Michèle Galipeau, quittera ses fonctions le 12 août, alors qu'il restait encore deux ans et demi à écouler à son mandat de sept ans.

Elle poursuivra sa carrière à la Ville de Montréal, où elle occupera les mêmes fonctions. «C'est une très belle opportunité de carrière qui ne se répétera pas», a-t-elle indiqué au Courrier Laval.

Michèle Galipeau suit ainsi les traces de Me Patrice Guay qui, le mois dernier, avait quitté la direction du Service des affaires juridiques de Laval à la faveur du poste d’avocat en chef à la Ville de Montréal.

L'idée d'occuper le poste de chien de garde des finances publiques dans la plus grande ville au Québec est le genre d'offre qu'on ne peut refuser, laisse entendre Mme Galipeau.

Cela étant, elle s'est dite «extrêmement bien» à Laval, saluant au passage l'«excellente équipe» formée de son adjointe et des trois chefs vérificateurs qui demeurent en poste.

«Un vérificateur général sans une équipe, c'est rien, je peux vous le dire, assure-t-elle, précisant que les mandats pour l'an prochain ont déjà été ciblés.

Travaux d'audit

Comme il est coutume, la vérificatrice générale présentera son rapport 2015 aux membres du comité exécutif en août, qui le déposeront à la séance du conseil municipal du 6 septembre.

On se rappellera que l'an dernier, Mme Galipeau avait mis en lumière l'accès libre de tout contrôle et de toute restriction aux pompes de carburant dans la majorité des sites d'approvisionnement de la Ville de Laval. L'accès à des réservoirs non sécurisés rendait ainsi possible le vol d'essence et de diesel, et ce, depuis plus 30 ans, considérant qu'un vérificateur interne avait déjà identifié le problème dès 1984.

En 2014, les travaux d'audit menés par Michèle Galipeau et son équipe avaient, entre autres, soulevé l'improvisation dans les transactions immobilières.

On y apprenait que lors de la vente de terrains municipaux, la Ville ne procédait par appel d'offres public que de façon rarissime, outrepassant le règlement adopté 18 mois plus tôt qui visait justement à en finir avec les transactions de gré à gré.

Travail exemplaire

Appelé à commenter le départ de Mme Galipeau, le maire Marc Demers a tenu à souligner son «travail exemplaire», rappelant «la plus haute considération [qu'il voue] pour la fonction de vérificatrice générale».

À cet égard, il fait valoir que l'un des premiers gestes politiques qu'il a posés suivant son élection a été de rehausser l'autonomie et les pouvoirs de la vérificatrice générale.

«Il est impératif que son successeur ait les coudées aussi franches et je vais m’en assurer», a terminé M. Demers tout en souhaitant «bon succès à Mme Galipeau face aux défis qui l’attendent».