Recrutement au Centre jeunesse de Laval

Benoit LeBlanc benoit.leblanc@tc.tc
Publié le 4 novembre 2016

Nouvelle controverse au Centre jeunesse de Laval après la fugue d'une adolescente qui aurait été recrutée par un jeune proxénète.

©TC Media - Archives

SOCIÉTÉ. Une adolescente de 14 ans fréquentant une classe mixte louée par la Commission scolaire de Laval (CSDL) au Centre jeunesse a été retrouvée, le 24 octobre, en compagnie de trois garçons qui l'auraient entraîné dans la prostitution.

Le quatuor sera rencontré une seconde fois par les enquêteurs de la Police de Laval après que Radio-Canada eut révélé que le recrutement avait eu lieu via cette classe.

Depuis cet incident, qui se serait notamment passé dans un motel de Saint-Eustache, la jeune fille a déposé une plainte formelle à la section des crimes contre la personne.

«On débute l'enquête, de faire savoir Geneviève Major, porte-parole de la Police de Laval. Nous devons savoir, entre autres, si on a aidé l'adolescente à fuguer.»

Garçons et filles ensemble

«Il y a une école multiniveaux (primaire et secondaire) de la CSDL située à l'intérieur du Centre Jeunesse de Laval, a confirmé Éric Bertrand, porte-parole du CISSS de Laval. La direction de l'école La Mosaïque et celle du Centre jeunesse forment une équipe et se fixent des objectifs communs pour les élèves.»

L'école possède une classe mixte accueillant des élèves entre 12 et 17 ans, en suspension de plus de 5 jours de leur école. Ces jeunes proviennent des écoles secondaires de Laval et appartiennent à des classes spécialisées en troubles de comportement.

«Cette classe de jour accueille un maximum de 8 jeunes, pour des courts séjours, de continuer Éric Bertrand.  Elle a pour but d’éviter que des jeunes se retrouvent dans la rue et deviennent des décrocheurs. L'accès à cette classe, située tout près de la porte d'entrée, est contrôlé et supervisé par un adulte.»

Contacts extérieurs

Le CISSS assure que ces jeunes ne peuvent pas circuler à l'intérieur du centre de réadaptation et ne peuvent pas entrer en contact avec les jeunes qui y sont hébergés. Aucun jeune hébergé au Centre jeunesse ne fréquente cette classe.

«On appelle cette classe celle de la dernière chance, de mentionner Pierre Crevier, président du Syndicat des employés du Centre jeunesse Laval. On ne peut cependant empêcher ces jeunes de se croiser sur les marches extérieures ou à la cafétéria, bien que nos jeunes doivent rester avec leur groupe.»

«Le recrutement des jeunes filles se fait dans des lieux publics extérieurs au Centre jeunesse de Laval (stations de métro, cours d’école, centres commerciaux, parcs)», de soutenir finalement Éric Bertrand.

Rappelons qu'en janvier et février, une série de fugues avait mis en lumière le phénomène d'exploitation sexuelle de ces jeunes filles. Le vérificateur indépendant, André Lebon, avait eu comme mandat de s'assurer que toutes les règles et procédures d'encadrement étaient respectées, en plus d'y aller de recommandations concrètes.  Son rapport avait été déposé à la mi-mars.