La solution à la relance économique

Stéphane St-Amour stephane.st-amour@tc.tc
Publié le 2 février 2016
En raison du fait que le Québec ne fabrique pas d’automobiles et qu’il possède une industrie florissante du transport en commun, un soutien au développement de ce secteur plutôt qu’à la voiture semble une option plus porteuse, estime l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) qui s'est penché sur la question.
Photo TC Media – Mario Beauregard

TRANSPORT EN COMMUN. Le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval accueille favorablement l’étude, publiée le 2 février, par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), qui présente le transport en commun comme solution à la relance économique et la crise environnementale au Québec.

Le chercheur Bertrand Schepper a comparé l'effet sur l’économie et l’environnement d’un investissement de 9 G$ sur 10 ans dans le secteur de la construction routière et dans celui du transport en commun, cette somme correspondant à 10 % du Plan québécois des infrastructures 2014-2024.

La seconde option s'avère la plus porteuse avec des effets potentiels sur le produit intérieur brut (PIB) estimés à 414 M$ en moyenne par année pour un total de 4,14 G$ sur 10 ans.

Bien que générateur de PIB et d’emplois lors de l’étape de la production de véhicules, l’investissement dans le transport en commun a des effets beaucoup plus importants à long terme en générant des retombées de par l’utilisation du réseau, précise-t-on.

Outre la création de 40 000 postes sur 10 ans, le déficit de la balance commerciale s'en trouverait diminué de 29 G$ pour la même période et le gouvernement atteindrait plus de 8,5 % de ses cibles en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES).

Appui du CRE

Sans surprise, le CRE appuie la stratégie proposée par l'IRIS qui consiste à faire du transport collectif une véritable politique industrielle, selon laquelle Québec y investirait 903 MS par année, à savoir 50 % dans le transport urbain, 40 % dans le transport interurbain et 10 % dans le transport ferroviaire.

«Il est primordial de privilégier des modèles d’aménagement du territoire et de favoriser le développement des transports collectifs qui nous aideront à réduire les GES, à diminuer notre consommation de pétrole et à nous enrichir individuellement et collectivement», soutient Guy Garand, directeur général du CRE, tout en évoquant l'ambitieuse cible du gouvernement Couillard, visant d'ici 2030 la diminution des émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % par rapport aux émissions de 1990.

Il ne manque pas souligner au passage que le secteur du transport routier est un des seuls à afficher une augmentation de ses émissions de GES, alors que les secteurs résidentiel, commercial, institutionnel et industriel en produisent moins qu'ils en produisaient en 1990.

Enfin, le CRE de Laval réitère sa foi envers des investissements dans le transport collectif, une véritable opportunité économique et écologique à ses yeux.