ACQUISITION. Le mutisme de Québec inquiète Sauvons nos trois grandes îles

Stéphane St-Amour stephane.st-amour@tc.tc
Publié le 7 mars 2016
L'île Saint-Joseph est la seule des trois îles de l'archipel Saint-François qu'un pont relie à la terre ferme.
Photo TC Media - Archives

ACQUISITION. L'organisme Sauvons nos trois grandes îles de la rivière des Mille Îles ne cache pas son inquiétude face au mutisme du gouvernement Couillard dans le dossier visant l'acquisition de l'archipel Saint-François.

«Devant l’imminence du terme de la mise en réserve et l’absence de position gouvernementale officielle, [on] se doit de rappeler au gouvernement provincial la pertinence écologique de protéger et conserver les îles Saint-Joseph, Saint-Pierre et aux Vaches», déclare la présidente, Huguette Larochelle.

Dans un communiqué publié le 7 mars, l'organisme évoque le rapport d'experts produit par Éco-Nature à la demande du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

«L’étude de la valeur écologique des trois grandes îles présentait, en 2010, l’argumentaire scientifique qui soutient la demande de protection et de conservation de ces îles», rappelle-t-on.

Il avait notamment été démontré que l'archipel offre des habitats variés et constitue un écosystème exceptionnel, dont les éléments floristiques, fauniques et abiotiques jouent un rôle dans la préservation de la biodiversité.

«Toutefois, la proximité de la région la plus densément peuplée et la plus urbanisée du Québec rend ces îles aussi vulnérables que les espèces qu’elles abritent», met en garde l'organisme, qui milite pour la protection et la mise en valeur de l'archipel depuis bientôt 10 ans.

Compte à rebours

D'ici deux mois, le 7 mai, la seconde et ultime mise en réserve arrivera à échéance, mentionne Mme Larochelle.

Cette mesure, initialement mise en place en 2012 sous un gouvernement libéral, visait à empêcher toute construction sur les îles le temps que Québec les acquiert.

L'automne dernier, la Ville de Laval s'engageait officiellement à financer à parts égales avec le gouvernement provincial et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) l'acquisition des îles aux Vaches, Saint-Pierre et Saint-Joseph.

Rappelons qu'il y a quatre ans, le gouvernement provincial avait pris l'engagement d'établir la valeur marchande de ces îles avant d'entreprendre les négociations avec les propriétaires fonciers. Au rôle d'évaluation municipale, les valeurs foncières totaliseraient quelque 10 M$, dont 6 M$ pour l'île aux Vaches.