80 travailleurs de l'acier en grève


Publié le 6 février 2017

Considérant les équipes de jour, de soir et de nuit, les grévistes se feront voir et entendre 24 heures par jour face au 2225, ave Francis-Hughes, promet la représentante syndicale Silvy Vaudry.

©Photo TC Media – Mario Beauregard

CONFLIT DE TRAVAIL. Lundi matin, les travailleurs de Samuel et fils, un distributeur d'acier à Laval, ont déclenché une grève illimitée.

La clause de disparité de traitement en matière de régime de retraite se trouve au cœur de ce conflit de travail, explique la représentante syndicale Silvy Vaudry.

«Ces travailleurs ont déjà goûté à la médecine des clauses orphelin sur les salaires il y a une douzaine d'années. Ils ne veulent pas revivre une telle discrimination. Aujourd’hui, ils sont déterminés à refuser un régime de retraite à deux vitesses, moins avantageux pour les nouveaux.»

Vote

Réunis en assemblée en début d'année, les travailleurs de cette usine située au 2225, avenue Francis-Hughes avaient unanimement accordé un mandat de grève à leur comité de négociation.

«On a décidé de retourner voir les membres samedi [4 février] pour leur présenter la proposition de l'Employeur. On est ressorti avec un autre mandat de grève», souligne Mme Vaudry, précisant que la partie patronale est demeurée sur ses positions.

Pour les six prochaines années, Samuel et fils s'engageait à maintenir le régime à prestations déterminées pour les salariés présentement en emploi, mais imposait le régime à cotisations déterminées à tous ses futurs employés.

Samedi dernier, les 63 employés présents en assemblée ont rejeté l'offre et reconduit le vote de grève dans une proportion de 80 %.

Pour les jeunes

Affilié à la FTQ, le Syndicat des Métallos rappelle les «grèves victorieuses» des travailleurs de chez Ciment Lafarge, à Saint-Constant, et ceux de Resco Canada, à Grenville-sur-la-Rouge, qui refusaient, l'an dernier, une clause orphelin discriminatoire pour les jeunes.

«Encore aujourd’hui, on voit que des travailleurs doivent se priver de salaire pour refuser une discrimination qui devrait simplement être interdite», fait valoir le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

Pour préserver les conditions de travail de collègues qui ne sont pas encore embauchés, M. Croteau mentionne que le syndicat qu'il représente réclame depuis des années l'interdiction de toutes formes de clause de disparité de traitement dans la Loi sur les normes du travail.

«Tant et aussi longtemps que l'employeur ne bougera pas, nous on a pour mandat de rester sur la ligne de piquetage», termine Silvy Vaudry.

La direction de Samuel et fils n'a pas retourné notre appel.