Des citoyens à bout


Publié le 14 mars 2017

En six mois, Myriam Bonetti, David Gourde et Marie-Chantale Blais, domiciliés des rues Monty et Maryline, ont subi deux inondations causées par un refoulement d'égout.

©Photo TC Media – Stéphane St-Amour

REFOULEMENTS D'ÉGOUT. Victimes à répétition de refoulements d'égout lors de fortes précipitations, des citoyens de Saint-François en ont assez.

La semaine dernière, une quarantaine de résidents des rues Monty, Cyrano, Maryline, Romain et Ariane se sont réunis pour déterminer des actions à prendre afin de forcer les autorités municipales à s'attaquer au problème une fois pour toutes.

Cauchemar

Depuis qu'elle a emménagé sur la rue Maryline, il y a 18 mois, Marie-Chantale Blais a subi trois refoulements, la dernière en date le 25 février.

Pas plus chanceuse, Myriam Bonetti, qui déménageait dans sa nouvelle demeure de la rue Monty le 1er juin 2016, en est à sa deuxième inondation en six mois.

Après avoir engagé des dépenses de 30 000 $ à la suite du débordement du 16 août dernier, Mme Bonetti revivait le cauchemar à la fin février au moment où elle s'apprêtait à repeinturer les murs de son sous-sol. En lieu et place, elle a dû rouvrir les murs.

Dans l'ordre habituel, on reconnaît Myriam Bonetti, David Gourde et Marie-Chantale Blais.

©Photo TC Media – Stéphane St-Amour

Rien de tellement nouveau pour David Gourde, un voisin. Celui-ci dit vivre ce type de débordement à raison d'une à deux fois par année depuis les 15 ans qu'il habite le secteur.

«Certains ont jusqu'à cinq pompes dans leur maison pour pouvoir évacuer l'eau [en cas de refoulement], soutient Mme Blais. La plupart des maisons n'ont plus de couverture d'assurance».

Selon le rapport d'un plombier qui s'était déplacé chez Myriam Bonetti le soir du 16 août, la force du débit d'eau en provenance du réseau de la Ville était telle que les clapets anti-refoulement étaient sans effet.

Conseil municipal

Présente aux séances du conseil municipal en septembre et octobre derniers, Marie-Chantale Blais se promet bien d'y retourner ce soir, mardi 14 mars.

«On veut des engagements clairs par écrit de la Ville quant à des solutions à court, moyen et long termes et en situation d'urgence.»

Visiblement contrariée, elle souligne que «le maire Marc Demers s'était engagé personnellement à mettre en place un comité spécial pour s'occuper du problème» lorsqu'elle l'avait interpelé à la séance du conseil d'octobre 2016.

«Le 26 février, il ne se souvenait pas du problème. C'est un peu enrageant», laisse-t-elle tomber.

Soulignons que ce dernier dimanche de février, des citoyens dont le sous-sol avait été inondé la veille s'étaient rendus à l'église Saint-Noël-Chabanel pour y rencontrer le maire Demers, alors que celui-ci participait à l'investiture de son candidat dans Saint-François en vue des prochaines élections.

Au cabinet du maire, on rappelle que M. Demers «rencontre des centaines de personnes chaque semaine» et qu'en ce sens, «il est malheureusement impossible de confirmer les propos qu’il a tenu avec des citoyens de Saint-François le 26 février dernier».

Cela dit, le porte-parole du cabinet, François Brochu, mentionne que le maire s'est déplacé ce jour-là chez une citoyenne affectée par les inondations et assure que le cas du refoulement d’égout à St-François est sérieusement pris en charge.

«Denis Gervais, assistant directeur au Service de l’ingénierie, s’en occupe personnellement. Il y a eu de multiples rencontres ces derniers jours et un plan d’intervention est établi.»

Depuis les pluies diluviennes du 25 février, cet équipement de pompage d'appoint est installé en permanence à l'angle des rues Monty et Cyrano dans un secteur du quartier Saint-François où le réseau d'égout sanitaire cause bien des maux de tête aux résidents.

©Photo TC Media – Stéphane St-Amour

Mesures palliatives

À ce propos, la Ville est à «mettre en place des mesures palliatives pour réagir dès l’annonce d’alerte météorologique» plutôt que «sur réception d’alarme automatique déclenchée sur le réseau».

Également, certains dispositifs d'appoint seront mobilisés sur le site en permanence au lieu d’être acheminés au moment des alertes, ce qui en accélérera le déploiement, précise la porte-parole Valérie Sauvé par voie de courriel.

«Dans un objectif à moyen et long terme, les directions de tous les services concernés [ingénierie, environnement et travaux publics] se coordonnent […] pour identifier et mettre en œuvre des solutions qui assureront une capacité de drainage permanente, automatique et autonome, sans mobilisation d’intervenants lors de fortes précipitations», termine-t-elle.