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Grogne musclée contre les mesures d'apaisement dans Auteuil


Publié le 12 juillet 2017

Les échanges ont été majoritairement polis entre les citoyens outrés et leur conseiller municipal David De Cotis.

©Photo TC Media

SAINT-BRUNO. Une cinquantaine de citoyens ont exprimé leur mécontentement après avoir découvert des bornes de ciment et autres balises d'une piste cyclable installées de nuit dans le secteur des rues de Rio, de Strasbourg, de la Bohème, Cyril-Delage et Olivier-Chauveau, la semaine dernière.

La rencontre s'est tenue dans la soirée du 12 juillet au parc-école de l'Odyssée-des-Jeunes, en présence du conseiller du secteur Saint-Bruno David De Cotis.

«Y'a pas de place pour une piste cyclable. C'est trop dangereux. Il va y avoir un mort!»

Anthony Lacopo, résident de la rue de Rio

«Ça s'est fait en vitesse de façon sauvage, sans consultation au préalable, de confier Anthony Lacopo, qui réside depuis plusieurs années sur la rue de Rio qui borde le parc-école. Ils ont retranché une voie dans certaines rues, augmentant le risque d'accident. Plusieurs ont perdu leur stationnement. Les gens du coin sont furieux!»

Une soirée d'information devrait être tenue prochainement par le Service de l'ingénierie de la Ville de Laval sur ce projet-pilote de mesures d'apaisement.

©Photo TC Media

«Je les ai vus se presser les uns les autres pour accomplir leur affaire, de continuer Luckner Edouard, arrivé sur le rue de Rio il y a sept ans. Ce que j'ai observé, c'est un beau travail d'artiste, pas d'ingénieur!»

Un autre citoyen rapportait d'ailleurs avoir vu un employé échapper l'une des lourdes cloches de béton au sol, déplorant l'absence d'un inspecteur sur place.

«C'est toute une surprise que de découvrir notre rue avec une toute nouvelle signalisation sans préavis, d'affirmer Daniel Roy qui habite la rue de Bohème depuis 22 ans. De prime abord, je n'ai rien contre. Je suis moi-même cycliste! Mais peut-on être informés et consultés avant, s'il vous plaît?»

«Nous avons déjà informé notre consultant que ce qui avait été fait, ce travail de nuit, était inacceptable, a répondu le vice-président du comité exécutif de la Ville de Laval David De Cotis, offrant ses excuses aux citoyens. Nous l'avons averti de ne plus faire ça.»

Des mesures d'apaisement semblables sont prévues dans tous les quartiers du territoire lavallois pour la première phase de ce vaste projet émanant du Service de l'ingénierie.

De sérieux doutes

Comme la majorité des citoyens présents lors de cette rencontre, convoquée par message préenregistré et inscrite au site Web de la Ville, M. Roy croit que les mesures ralentiront la circulation, mais en alourdissant le trafic, sans réduire le débit de véhicules.

Les autobus de la Société de transport de Laval et de nombreux camions des différents services de la Ville de Laval empruntent les artères visées par ce projet-pilote.

«Nous avons déjà une piste cyclable non loin d'ici, de préciser Lucie Declerc résidant rue de la Bohème depuis plus de 20 ans avec son conjoint Gary Dunlop. Les petites familles ont quitté la grande ville pour trouver de l'espace avec leurs enfants et voilà qu'on vient leur couper ça!»

«Nous avons reçu beaucoup de plaintes de citoyens se plaignant de la vitesse excessive dans ces rues, de se défendre David De Cotis. Nous allons informer et consulter les gens plus tard afin d'évaluer l'impact de ce projet-pilote, notamment via du porte-à-porte dans sept à huit semaines.»

«Je ne suis pas en désaccord et constate déjà que la vitesse est moindre, d'ajouter Céline Bureau qui habite rue de Strasbourg. Le matin, il y a une centaine d'enfants dans ce parc. Toutefois, je crains vraiment la cohabitation entre cyclistes, autobus, camions et petits enfants qui descendent des véhicules scolaires. C'est devenu trop étroit, la visibilité est rendue très difficile. Ce sera dangereux.»

«Nous pensions amener une bonne nouvelle avec ce moyen de réduire la vitesse, d'autant plus que ce sont des mesures temporaires de marquage de la chaussée et de poteaux non permanents, et qu'elles font suite aux appels de citoyens, a rappelé Aimée Dufour-Desrosiers, porte-parole de la Ville de Laval. Il n'y a pas de béton qui a été coulé.»

«Qu'ils rendent les stationnements aux gens et limitent le secteur à une circulation locale seulement», de conclure Anthony Lacopo.