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Trois mois pour évaluer les mesures d'apaisement


Publié le 21 juillet 2017

Les gens ayant défilé au micro étaient unanimes: ils ne veulent pas des mesures d'apaisement sous leur forme actuelle dans leurs rues.

©Photo TC Media - Mario Beauregard

ASSEMBLÉE. Les quelque 70 citoyens sur la centaine convoqués par la Ville de Laval, le 20 juillet, à la bibliothèque Laure-Conan, auront encore 8 semaines pour évaluer l'impact des mesures d'apaisement de la circulation sur les rues de Rio et de Strasbourg, près du parc-école de l'Odyssée-des-Jeunes, dans Auteuil.

«Si la population nous dit d'arrêter, nous allons arrêter, a rapidement indiqué Philippe Guilbault, chef de division Service de l'ingénierie, face à la grogne exprimée par l'assemblée. Toutefois, il n'y a pas de précédent à Laval. C'est nouveau sur le territoire. On veut que les gens soient consultés sur des mesures qu'ils auront le temps de connaître, d'expérimenter.»

«Nous avons implanté ces mesures pour rappeler aux automobilistes qu'ils ne sont pas les seuls utilisateurs de notre réseau routier.»

Philippe Guilbault, chef de division Service de l'ingénierie

D'ici trois mois, la Ville de Laval préviendra les citoyens des secteurs concernés pour que ceux-ci évaluent les mesures d'apaisement installées, soit des bornes de ciment et autres balises d'une piste cyclable touchant principalement les rues de Rio et de Strasbourg, ainsi que de la Bohème, Cyril-Delage et Olivier-Chauveau.

«Le taux de participation devra être d'un minimum de 50 %, sinon, nous enlèverons définitivement ces mesures, de prévenir Philippe Guilbault. Également, si 50 % des gens exigent que ce soit retiré, ce sera retiré. Ce sera conservé seulement si la majorité des gens consultés le souhaitent. Ce n'est pas un hasard si le marquage et les autres éléments installés sont temporaires.»

Les citoyens seront informés de cette démarche par lettre et peuvent aussi suivre le tout sur le site Internet de la Ville de Laval. Ils devront donc s'armer de patience, nombre d'entre eux espérant que ces mesures soient enlevées immédiatement.

«Arrêtez d'investir, s'est exclamé l'un des résidents excédés. Vous êtes déjà trop avancés. On paye pour les gens venant de l'extérieur de notre secteur.»

En début de rencontre, Hélène Lévesque, ingénieure à la Ville, avait exposé les raisons ayant mené à cette décision, notamment le débit important de 5000 voitures empruntant quotidiennement ces rues, afin d'éviter le boulevard des Laurentides.

«Depuis trois ans, nous avons reçu de nombreuses requêtes de citoyens se plaignant des comportements des automobilistes dans ce secteur, d'expliquer Mme Lévesque. Nous sommes allés voir ailleurs ce qui se fait et évaluer les meilleurs moyens à prendre dans ce cas-ci.»

Au final, des avancées de trottoirs (saillies) et un marquage réduisant la largeur de la chaussée, ici par l'ajout de pistes cyclables, ont été les mesures sélectionnées.

«Il est sûr que nous sommes dans un quartier qui a été développé il y a quelques décennies et qui ne serait pas dessiné ainsi aujourd'hui», a terminé l'ingénieure.

«On essaie de rendre l'environnement moins confortable pour la circulation de transit et la renvoyer ainsi sur des Laurentides», d'insister Philippe Guilbault.

Par la suite, tel qu'ils l'avaient déjà clamé lors d'une première rencontre avec le conseiller du secteur Saint-Bruno et vice-président du comité exécutif de la Ville de Laval David De Cotis, les citoyens ont plutôt relevé le danger de la cohabitation entre piétons, cyclistes, autobus et camions lourds municipaux qui soulèvent de sérieuses inquiétudes, sans compter l'appréhension devant la rentrée scolaire du mois d'août.

Des citoyens ont même témoigné avoir vu des chauffeurs de la Société de transport de Laval prendre des photos, alors que parfois, ils doivent se ranger sur la  voie cyclable pour circuler et augmenter ainsi le risque d'un accident grave, ce que plus d'un cycliste a mentionné à son tour de parole.

Ces résidents ont plutôt exprimé le souhait de voir apparaître des dos d'âne allongés et une surveillance policière accrue pour améliorer la sécurité routière dans leur district. Des indicateurs de vitesse pourraient aussi être mis de l'avant comme solution.